Comment faire face aux insectes de l’été (5/5): Le frelon

CA PIQUE On l’a longuement attendu, mais ça y est, l’été est arrivé, apportant dans son sillage son cortège d’insectes peu ragoûtants et susceptibles de nous piquer…

Anissa Boumediene

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En cas d'allergie ou de piqûres multiples, les piqûres de frelons peuvent être très dangereuses.
En cas d'allergie ou de piqûres multiples, les piqûres de frelons peuvent être très dangereuses. — ARDEA/MARY EVANS/SIPA

S’il est un insecte sur lequel on n’a pas envie de tomber, c’est le frelon. Ce cousin de la guêpe fait peur, presque autant que son autre cousin plus costaud encore, le frelon asiatique, arrivé en France il y a quelques années et qui vient tout juste d’êtrerepéré à Paris. Sa piqûre est potentiellement dangereuse, d’où l’importance de connaître la marche à suivre.

Qu’est-ce que c’est et où risque-t-on de croiser le frelon ?

Le frelon ressemble à une très grosse guêpe, c’est un insecte de la classe des hyménoptères, qui compte aussi dans ses rangs abeilles, guêpes et autres bourdons. Des bestioles dont il faut se méfier puisque « chaque année en France, il y a plus de morts par piqûres d’hyménoptères que par morsure de serpents », alerte le Dr Patrick Rufin, allergologue. On les croise dans les jardins ou encore au bord des piscines, où ils viennent se désaltérer.

Comment s’en prémunir ?

Si on se trouve dans un endroit susceptible d’être fréquenté par des frelons, mieux vaut porter des vêtements couvrants et éviter parfum et couleurs vives, afin de ne pas être confondu avec des fleurs, qu’ils sont tentés de butiner. « On ne marche pas pieds nus dans l’herbe et au bord des piscines, et il est recommandé d’éviter les boissons en canettes, pour écarter tout risque d’avaler l’hyménoptère, attiré par le sucre : cela pourrait causer une piqûre dans la gorge et entraîner un œdème de Quincke – un gonflement des tissus et des voies respiratoires — potentiellement mortel », avertit l’allergologue.

Et si l’on découvre un nid de frelons (de frelons asiatiques, de guêpes ou d’abeilles) dans son jardin, il ne faut surtout pas tenter de le déloger soi-même. Désormais, sauf cas d’urgence, les pompiers n’interviennent plus, donc pour se débarrasser d’un nid d’hyménoptères, il faut recourir aux services de sociétés spécialisées.

Que faire en cas de piqûre et que risque-t-on ?

D’abord, on ne cède pas à la panique. Si la piqûre est sur la main, on commence par retirer bagues et bracelets, pour ne pas gêner la circulation sanguine en cas de gonflement. Dans tous les cas, on nettoie la piqûre à l’eau et au savon et on désinfecte avec un antiseptique local. Et si on a un dispositif pour aspirer le venin, c'est le moment de l'utiliser. Le cas échéant, il faut donner un petit coup de chaud à la piqûre: le venin d'hyménoptère étant thermo-labile (détruit par la chaleur), approcher une source de chaleur, de type cigarette incandescente ou sèche-cheveux devrait neutraliser le venin.

De par sa taille, un frelon injecte plus de venin qu’une guêpe lorsqu’il pique et contrairement aux abeilles qui ne peuvent piquer qu’une seule fois parce qu’elles perdent leur dard (qu’il faut alors retirer avec précaution), guêpes et frelons conservent le leur et peuvent piquer à plusieurs reprises. Sa piqûre est douloureuse et présente un danger en cas d’allergie ou de piqûres multiples. Or, « impossible de savoir si l’on est allergique tant qu’on n’a pas été piqué, souligne le Dr Rufin. Par ailleurs, il faut distinguer réactions allergiques et réactions toxiques aux piqûres d’hyménoptères ». Une personne allergique risque la mort avec une seule piqûre et une personne non allergique encourt le même risque en cas de piqûres multiples, « la forte dose de venin reçue s’apparente alors à un empoisonnement ».

En cas d’allergie, « trois types de réactions peuvent se manifester. La plus courante, et bénigne, est une réaction locale, avec un gonflement léger à l’endroit de la piqûre », détaille l’allergologue. Dans ce cas, « on applique un dermocorticoïde pour calmer l’inflammation et en cas de démangeaisons, on prend un antihistaminique ». Au stade d’après, il y a la réaction loco-régionale, « qui va englober toute la zone de la piqûre et l’articulation. Par exemple, en cas de piqûre sur le poignet, la main, le poignet et une partie de l’avant-bras vont enfler. C’est un signe d’alerte et il faut consulter », insiste le Dr Rufin, qui prescrit « un antihistaminique à prendre durant quelques jours et un corticoïde par voie orale ». Enfin, cas le plus extrême : « la réaction générale, la plus dangereuse, prévient l’allergologue. C’est lorsque, en plus d’une réaction loco-régionale, on ressent des démangeaisons sur tout le corps, que des plaques d’urticaires apparaissent ainsi qu’une sensation de nausée, de malaise et de gêne respiratoire ». A ce stade, il faut en permanence emporter avec soi une trousse contenant un corticoïde par voie orale, un antihistaminique, de la ventoline et un auto injecteur d’adrénaline. Si on n’est pas équipé, ou si on a des piqûres multiples, il faut « foncer aux urgences ou appeler le SAMU, pour traiter au plus vite le choc anaphylactique ou la réaction toxique ».

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