Un Français vit très bien avec une boîte crânienne vide à 90 %

SCIENCES Le crâne du patient contiendrait 90% de liquide céphalorachidien, en lieu et place du cerveau...

20 Minutes avec agence

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Illustration: le cerveau humain.
Illustration: le cerveau humain. — Inition / Rex Features/REX/SIPA

Voilà un homme qui n’a pas « la grosse tête ». Âgé de 44 ans, un français qui se rendait à l’hôpital pour des douleurs à la jambe s’est vu prescrire un IRM. L’occasion de découvrir que son cerveau était fait à 90 %… de liquide céphalo-rachidien. Autant dire qu’il y a peu de place pour le cerveau.

Un travail dans l’administration

Pourtant l’homme, qui est « marié, père de 2 enfants » vit une vie tout à fait normale et « travaille dans l’administration » précise le psychologue Axel Cleeremans de l’université de Bruxelles, qui a remis à l’ordre du jour cette histoire extraordinaire (déjà relatée en 2007 dans la revueThe Lancet) lors de la dernière conférence de l’Association pour l’étude scientifique de la conscience organisée en juin en Argentine.

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L’homme aurait contracté dans son enfance une maladie appelée hydrocéphalie caractérisée par l’accumulation de liquide céphalo-rachidien dans sa boîte crânienne. Les médecins de l’époque pensaient avoir trouvé la parade en évacuant le liquide dans d’autres parties du corps au moyen d’un petit tube qui a été retiré à l’âge de 14 ans. Mais le liquide s’est à nouveau accumulé dans la boîte crânienne dans les années qui ont suivi, résume le psychologue au site Quartz.

Un QI de 75, soit un nombre en dessous de la normale

Le praticien belge précise que l’homme aurait un QI de 75, soit un nombre en dessous de la normale mais rien de préoccupant. Le spécialiste souligne donc que ce cas clinique remet en question les théories fondamentales basées sur la pleine conscience. « Aucune théorie n’explique comment une personne, dont 90 % des neurones sont absents, peut avoir un comportement tout à fait normal », assure le psychologue.

Pour cause, alors que les zones du cerveau qui contrôlent la sensibilité, la parole ou l’audition sont considérablement réduites, l’homme peut assurer son quotidien sans problème. Selon Axel Cleeremans, cela montre une chose : « si le cerveau n’est pas endommagé brutalement, petit à petit, l’organe reste capable de s’adapter ».

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