Comment faire face aux insectes de l’été (1/5): Le moustique

CA PIQUE On l’a longuement attendu, mais ça y est, l’été est arrivé, apportant dans son sillage son cortège d’insectes peu ragoûtants et susceptibles de nous piquer…

Anissa Boumediene

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Illustration d'un moustique en train de piquer le doigt d'un homme.
Illustration d'un moustique en train de piquer le doigt d'un homme. — G.Lacz / Rex Featu/REX/SIPA

Il est l’empêcheur de dormir en rond (ça ne veut rien dire mais vous avez compris l’idée), celui qui vient bourdonner dans notre oreille au moment où, après avoir trouvé la bonne position dans le lit, on est enfin prêt à rejoindre les bras de Morphée. Et celui à cause duquel on se réveille en se grattant, le corps marqué de piqûres rouges et boursoufflées qui démangent. Vous l’aurez reconnu : lui, c’est le (maudit) moustique.

Qu’est-ce que c’est et où risque-t-on de le croiser ?

On ne le présente plus, le moustique, c’est la star des insectes. Il y en a partout, dans les jardins, dans le métro, dans notre chambre, des pays les plus chauds aux pays nordiques, pas moyen de l’éviter. Si les moustiques sont en hibernation l’hiver, les femelles recommencent à piquer dès le printemps. Remplies d’œufs fécondés, elles ont besoin des protéines contenues dans le sang – notre sang — pour les faire arriver à maturation. Leur cocktail préféré ? Un bon mélange de chaleur et d’eaux stagnantes (marécages, égouts, vieux pneu, creux d’arbres, etc.). D’ailleurs, « s’il y a une forte densité de moustiques durant la période estivale, les fortes pluies du mois de juin ont accéléré leur prolifération, notamment celle des moustiques tigres, dont l’Aedes Albopictus, présents dans une trentaine de départements français », indique l’entomologiste Anna-Bella Failloux, responsable de l' unité Arbovirus et Insectes Vecteurs à l’institut Pasteur.

Que risque-t-on en cas de piqûre ?

« Les piqûres de moustique causent rarement des allergies, seulement des réactions locales », rassure le Dr Patrick Rufin, allergologue à Paris. « Si certains ont des piqûres allergisantes, c’est parce qu’en piquant, la femelle injecte de la salive contenant un anticoagulant, qui entraîne une réaction différente selon les gens », complète Anna-Bella Failloux. A part causer de bonnes démangeaisons, les moustiques classiques, les Culex, sont assez inoffensifs. Mais pas les moustiques tigres. « Ils ont un rôle de vecteurs, ils peuvent transmettre pathogènes et virus tels que la dengue, le chikungunya, le paludisme, la fièvre jaune ou encore Zika, poursuit l’entomologiste. En piquant quelqu’un porteur de ce virus, le moustique va s’infecter et le transmettre à la personne qu’il piquera après ». Si en France métropolitaine, il est exceptionnel qu’un moustique tigre soit infecté, les risques ne sont pas exclus pour autant. « Avec les jeux olympiques de Rio, il est à craindre que des personnes soient contaminées par Zika et si en rentrant en France elles sont piquées par un moustique tigre, on pourrait alors voir apparaître des cas de contaminations autochtones », redoute-t-elle.

Comment s’en prémunir ?

Pour éviter de se faire piquer, « on commence par éliminer les gîtes larvaires en vidant toutes les sources d’eaux stagnantes autour de chez soi », préconise Anna-Bella Failloux, comme les soucoupes sous les pots de fleurs et l’eau des gouttières. Sinon, « il faut privilégier les vêtements longs et couvrants ». Mais comme l’été, il n’est pas toujours facile de se plier à ce dress code, plusieurs alternatives s’offrent à vous. « Les répulsifs sont efficaces, surtout le DEET (Diethly Toluamide), déconseillé toutefois aux femmes enceintes et aux enfants, et l’IR3535 », indique le Dr Patrick Rufin. Sprays à vaporiser sur la peau ou les vêtements, prises électriques : on a le choix. Les adeptes des solutions naturels, eux, pourront dormir tranquille en installant « une moustiquaire au-dessus de leur lit et en utilisant de la citronnelle, qui perturbe le système nerveux des moustiques, conseille Anna-Bella Failloux. En revanche, on oublie les insecticides, à n’utiliser qu’en dernier recours lors d’épidémies de moustiques ».

Que faire en cas de piqûre ?

Le plus souvent, il faut prendre son mal en patience et essayer (!) de ne pas se gratter. Toutefois, « les moustiques sont des insectes dits domestiques, ils sont sales, explique le Dr Rufin. Donc en cas de piqûre, on désinfecte le bouton avec un antiseptique local ». Et si la piqûre cause de fortes démangeaisons, on se retient et on applique une crème apaisante qui permettra d’oublier son envie de se gratter. Petit remède de grand-mère : comme le froid anesthésie la démangeaison, on peut aussi passer un glaçon sur sa piqûre pour un soulagement immédiat. Et si l’on revient d'une zone à risques et que l'on soupçonne une piqûre de moustique tigre, le plus prudent est de consulter son médecin généraliste sans attendre.

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