Les déserts médicaux souffrent d'obésité et d'hypertension

ECONOMIE Il faut patienter neuf jours pour consulter un médecin généraliste en Seine-et-Marne, où pourtant  51 % d’habitants sont en surpoids...

20 Minutes avec agence

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Un panneau indique un médecin en zone rurale (illustration).
Un panneau indique un médecin en zone rurale (illustration). — GILE MICHEL/SIPA

Les Français vivant dans les déserts médicaux seraient plus touchés par le surpoids et l’hypertension artérielle que le reste de la population. En effet, la proportion des personnes touchées par ces deux pathologies augmente si le délai d’attente pour obtenir un rendez-vous chez un médecin est élevé.

Plus les gens en ont besoin, moins il y a de généralistes

Telle est la conclusion d’une étude réalisée par Doctolib [leadeur français de la recherche et de la prise de rendez-vous médicaux en ligne] et le spécialiste de la santé connectée Withings. « L’objectif de cette étude est d’identifier les régions les plus à risques face aux déserts médicaux. Et la conclusion est que les territoires où les gens ont le plus besoin de soins sont également ceux où il y a le moins de généralistes », explique Angela Chieh, chargée du pôle données et études chez Withings, citée par Le Parisien.

Dans le détail, un délai de 16 jours en moyenne est nécessaire pour prendre rendez-vous avec un médecin généraliste en Saône-et-Loire, contre 6 jours dans l’ensemble du pays. Là, 48 % des habitants sont en surpoids et 28 % souffrent d’hypertension contre 20 % de la moyenne nationale.

Un lien indiscutable entre précarité et surpoids

Par ailleurs, si seule 19 % de la population des Alpes-Maritimes souffre d’hypertension, là, le délai pour consulter son médecin n’est que de trois jours. A l’inverse, il faut patienter neuf jours pour consulter un généraliste en Seine-et-Marne, où 51 % d’habitants sont en surpoids.

Les mesures d’incitation visant à attirer les jeunes médecins dans les territoires déficitaires demeurent aujourd’hui « insuffisantes », estiment en conclusion Doctolib et Withings. Car, selon les deux auteurs de cette étude, il existe un lien indiscutable entre précarité et surpoids et le médecin de famille peut justement limiter cette tendance en éduquant ses patients en matière de bonnes habitudes diététiques.

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