Mortalité en France: 2,4 causes de décès recensées

ETUDE En 2011, 24 % des certificats de décès concernant les 65-79 ans comptaient au moins 4 causes, selon une étude de l'Ined publiée cette semaine…

20 Minutes avec agence

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Le cimetière Montmartre, à Paris, en 2014.
Le cimetière Montmartre, à Paris, en 2014. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Cancer, crise cardiaque, rupture d’anévrisme… « On ne meurt qu’une fois, mais de plusieurs causes », soulignent ce mois-ci les experts de l’Institut national d’études démographiques (Ined).

Dans leur dernier rapport, intitulé On ne meurt qu’une fois, mais… de plusieurs causes, les chercheurs assurent ainsi, qu’en France, nous mourons en moyenne de 2,4 causes. Un chiffre sous-estimé selon l’Ined qui a passé au crible les certificats de décès remplis par les médecins de l’Hexagone en 2011.

Cause dite « initiale » et « causes associées »

Pourquoi sous-estimé ? « Quand une personne meurt, le médecin qui signe le certificat en indique la cause, et il en mentionne souvent plusieurs en décrivant leur enchaînement jusqu’au décès », note les chercheurs. Mais seule la cause dite « initiale » (la dernière mentionnée sur l’avis de décès) est prise en compte dans les chiffres officiels.

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Or, cela vient à ignorer la contribution de certaines maladies à la mortalité et autrement appelées « causes associées ». Des « causes associées » (souvent des maladies endocriniennes) qui augmentent avec le « boom » de l’espérance de vie et entraînent une explosion de « comorbidités ».

 

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Exemples : une hémorragie consécutive à un ulcère gastrique ou une septicémie chez un patient souffrant d’un cancer et affaibli par une chimiothérapie ; l’hépatite virale chronique pour un cancer du foie ; un diabète, une hypertension ou une obésité qui peuvent aggraver l’état du patient.

Au-delà de 80 ans, un léger recul du nombre moyen de causes mentionnées

Côté chiffres, le nombre de causes de décès mentionnées par les médecins augmente donc logiquement avec l’âge. À 65-79 ans, 24 % des certificats comptaient au moins 4 causes, contre 14 % à moins de 35 ans.

Au-delà de 80 ans, on observe toutefois un léger recul du nombre moyen de causes mentionnées et une proportion sensiblement plus élevée de décès ne mentionnant aucune cause. « Aux âges où l’on dit parfois que l’on "meurt de vieillesse", la description précise de l’enchaînement des causes ayant conduit au décès semble peut-être moins utile aux médecins », notent les spécialistes.

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En conclusion, l’Ined prescrit une meilleure prise en compte des « maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques associées au décès ». Elle permettrait une meilleure exhaustivité des études statistiques et épidémiologiques françaises, alors que les médecins italiens ou tchèques indiquent, eux, en moyenne plus de 3 à 6,6 causes de décès dans leur pays respectif.

 

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