Des nanoparticules dans les assiettes, ni vu ni connu, selon Agir pour l'environnement

ALIMENTATION L'ONG veut saisir la direction de la consommation et de la répression des fraudes afin qu'elle «procède au rappel des produits incriminés»...

20 Minutes avec agences

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Dans les rayons d'un supermarché à Vaucresson en octobre 2011.
Dans les rayons d'un supermarché à Vaucresson en octobre 2011. — PRM/SIPA

La blanquette de veau William Saurin, les chewing-gums Malabar, les gâteaux Napolitains de LU et un mélange d’épices pour guacamole Carrefour… Tous ces produits ont un point commun : ils contiennent tous des nanoparticules sans que leur présence ne soit signalée sur les étiquettes.

Utilisées dans de nombreux produits de consommation courante

Selon l’ONG Agir pour l’environnement, qui vient de publier les résultats les résultats d’une analyse confiée à un laboratoire reconnu d’utilité publique, les nanomatériaux retrouvés sont notamment le dioxyde de titane (E171), qui permet de blanchir et rendre les produits brillants, et le dioxyde de silice (E551), un antiagglomérant utilisé dans des poudres, le sucre.

A priori inoffensives, ces nanoparticules, qui de l’ordre du milliardième de mètre, sont utilisées dans de nombreux produits de consommation courante (alimentation, habillement, cosmétiques, électronique etc.), mais les risques qu’elles peuvent présenter pour la santé et l’environnement sont mal connus. D’où l’obligation d’étiquetage imposée depuis fin 2014 par l’UE et les démarches de pays membres, dont la France, pour mieux recenser les usages et évaluer les risques.

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« Les industriels profitent d’une définition très vague pour ne rien signaler »

« Selon la réglementation européenne, la mention "nano" aurait donc dû figurer sur ces étiquettes », fustige, ce mercredi, Magali Ringoot, porte-parole de l’ONG qui ajoute que ces analyses sont « la preuve qu’il y a défaillance dans l’information et la protection du consommateur ».

« Les industriels profitent d’une définition très vague, très alambiquée pour ne rien signaler », estime encore la responsable, précisant que la définition parle de nanoparticules « de l’ordre de 100 nanomètres » utilisées « de manière intentionnelle ».

Vers « un moratoire » sur les nanoparticules ?

Agir pour l’environnement veut saisir la Direction de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) pour qu’elle « procède au rappel des produits incriminés ». L’ONG, qui n’a trouvé aucun produit alimentaire étiqueté « nano » dans les magasins, estime de nombreux autres en contiennent dans les faits.

Enfin, dans l’attente d’une évaluation des risques sanitaires, l’ONG demande au gouvernement « un moratoire » sur les nanoparticules dans l’alimentation et les produits destinés aux femmes enceintes et aux enfants.