Cancer du poumon: Une application française permet un premier suivi en direct entre le patient et son médecin

HIGH-TECH Moocare permet un suivi personnalisé à distance et une détection précoce d’éventuelles rechutes ou complications…

20 Minutes avec agences

— 

Le cancer du poumon est le cancer le plus mortel
Le cancer du poumon est le cancer le plus mortel — SIPA / Jaubert

Une nouvelle application mobile française permet de proposer des soins précoces aux patients atteints d’un cancer avancé du poumon, voire d’accroître leur espérance de vie grâce à une meilleure communication entre le malade et son médecin.

Réalisée par les équipes du docteur Fabrice Denis, spécialiste du poumon à l’Institut inter-régional de cancérologie Jean Bernard au Mans (Pays de la Loire), une étude a permis d’assurer que  le logiciel Moovcare, créé suite à l’analyse de l’évolution des symptômes décrits par les patients, permettait effectivement un suivi personnalisé à distance et une détection précoce d’éventuelles rechutes ou complications.

Les utilisateurs de Moovcare ont une vie jugée « meilleure »

Dans une étude présentée ce lundi aux Etats-Unis lors de la conférence annuelle de l’American Society of Clinical Oncology (Asco, Chicago), le docteur a expliqué que la survie moyenne des patients ayant participé à cette étude a été de dix-neuf mois contre douze mois dans le groupe témoin qui a reçu un suivi médical standard. La qualité de vie des patients qui ont utilisé Moovcare a également été jugée « meilleure ».

« Cette approche ouvre une nouvelle ère de suivi médical : les malades, en contact continu avec leur cancérologue, peuvent donner et recevoir des informations » a expliqué le docteur Fabrice Denis, également concepteur de l’application.

 

Trois fois moins de scanners programmés

« Cette approche confirme l’importance d’améliorer la communication entre le médecin et le patient », a, de son côté, estimé le docteur Gregory Masters, cancérologue professeur à la faculté de médecine Thomas Jefferson à Philadelphie (Pennsylvanie).

Après une chimiothérapie, un traitement radiologique ou bien une intervention chirurgicale, une partie des 133 patients de l’étude a été choisie au hasard afin d’utiliser cette application. Ils ont bénéficié d’un calendrier de visites médicales standard avec trois fois moins de scanners programmés et l’application leur a permis d’évaluer eux-mêmes leurs symptômes chaque semaine. Si des changements spécifiques étaient détectés, le médecin était alerté et adaptait d’emblée le traitement.

>> A lire aussi : Nouvelle technologie de lutte contre le cancer à Bergonié

 

Bilan : un an après le début de l’étude, 75 % des patients équipés de l’application étaient encore en vie, contre seulement 49 % des membres du groupe témoin qui avait hérité d’un suivi médical standard (visites chez le cancérologue et scanner tous les trois à six mois).

 

 

Une commercialisation début 2017 ?

De plus, 74 % des patients utilisant l’application ont pu suivre le traitement recommandé, contre seulement un tiers du groupe témoin, trop affaibli pour supporter un nouveau traitement. Des taux de rechutes similaires ont cependant été observés dans les deux groupes : 51 % et 49 % respectivement.

Moovcare n’est encore qu’un prototype, mais elle pourrait être commercialisée début 2017 par la société israélienne Sivan Innovation. Aucune information sur le prix n’a filtré, sachant que l’application nécessite de « mobiliser une infirmière ou d’autres personnels dans le cabinet pour regarder les données transmises par les malades et y répondre, ce qui est le vrai coût supplémentaire de ce système », a lâché le docteur Patricia Ganz, cancérologue de la faculté de médecine de l’université de Californie (Los Angeles).

 

>> A lire aussi : Alsace: Diabète, épilepsie... Quand l'innovation se met au service de la santé