Vessie, poumon, peau... L’immunothérapie prouve son efficacité contre des cancers difficiles à traiter

ETUDE Ce nouveau traitement a permis la régression du cancer chez certains malades…

20 Minutes avec agence

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Cancer illustration
Cancer illustration — DOMINIQUE FAGET / AFP

Une révolution dans le domaine de la cancérologie. L’efficacité de l’immunothérapie contre des cancers avancés difficiles à traiter comme celui de la vessie ou du poumon vient d’être prouvée dans le cadre de plusieurs essais cliniques.

 

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Ces résultats ont été présentés, ce dimanche, lors de l’Asco, plus grand Congrès annuel mondial sur le cancer à Chicago (Illinois). L’un des essais cliniques a montré que l’anticorps Tecentric de Genetech (filiale du laboratoire helvétique Roche) a permis de réduire des tumeurs avancées de la vessie chez un quart des 119 patients dont la survie moyenne a dépassé quinze mois, contre neuf mois habituellement avec la chimiothérapie.

Répondre à un besoin médical majeur

L’anticorps Tecentriq, qui neutralise la protéine PD-A permettant ainsi au système immunitaire d’attaquer des cellules cancéreuses, a été efficace chez les patients qui souffraient d’une tumeur avancée de la vessie et trop affaiblis pour une chimiothérapie.

« Jusqu’à 50 % des malades avec un cancer de la vessie avancé n’avaient pas de traitement jusqu’à présent pour prolonger leur vie. Nous sommes heureux de voir que cette immunothérapie pourrait aider à répondre à ce besoin médical majeur », a annoncé le Dr Arjun Vasant Balar, professeur de médecine à l’université de New York qui a mené cette étude.

Commercialisation rapide du Tecentriq

Consciente de cet espoir majeur, l’agence américaine des médicaments (FDA) a autorisé dans la foulée la commercialisation du Tecentriq, déclenchant une procédure accélérée sur la base des résultats de cet essai clinique prometteur.

« Cette immunothérapie, parmi d’autres, donnent un nouvel élan au traitement du cancer de la vessie qui a connu peu de progrès depuis plus de dix ans », a, pour sa part, assuré Dr Charles Ryan, professeur de médecine à l’université de Californie à San Francisco (Etats-Unis), soulignant qu’un essai clinique plus étendu est prévu avec le Tecentriq comme premier traitement pour le cancer avancé de la vessie.

Un espoir pour les malades atteints du cancer du poumon

Une nouvelle immunothérapie combinée à un agent tueur de cellules cancéreuses s’est aussi révélée prometteuse chez les malades atteints de la forme la plus agressive du cancer du poumon, dit à petites cellules, représentant de 10 à 15 % de toutes les tumeurs pulmonaires.

 

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Selon les résultats d’un autre essai clinique également présentés lors de l’Asco, ce traitement combine une nouvelle immunothérapie, le rovalpituzumab tesirine (Rova-T) développée par la start-up Stemcentrx. Le Rova-T cible une protéine trouvée dans 70 % des cancers du poumon à petites cellules et dope le système immunitaire. De plus, cet anticorps est armé d’un puissant agent anticancéreux.

Une régression du cancer chez 39 % des patients

Cette nouvelle combinaison qui a permis de bloquer la croissance de la tumeur chez 89 % des patients avec des niveaux élevés de cette protéine. Elle a aussi provoqué une régression du cancer chez 39 % du groupe avec chez certains, une survie d’un an.

 

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Au-delà des cancers du poumon ou de la vessie, il s’avère que l’immunothérapie a également fait ses preuves sur les cancers gastriques avancés. Combinée à une chimiothérapie, l’étude menée sur 161 malades atteints de tumeurs gastriques agressives et présentée, ce dimanche à Chicago, a montré que cet anticorps prolongeait leur survie.

De même pour les patients atteints d’un mélanome avancé, forme grave du cancer de la peau. Notons que l’espérance de vie était inférieure à un an avant l’apparition de la première immunothérapie en 2011 contre le mélanome.