Pourquoi la pluie nous déprime tant

PSY Le temps qu’il fait impacte surtout les personnes sensibles aux variations de lumière…

O. P.-V.

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Pluie et vent fort au pied de la Tour Eiffel à Paris, le 30 mai 2016.
Pluie et vent fort au pied de la Tour Eiffel à Paris, le 30 mai 2016. — M.ASTAR/SIPA

Il pleut des cordes sur la France, et c’est parti pour durer quelques jours. Voilà pour la mauvaise nouvelle, qui en amène une (relativement) bonne : non, les trombes d’eau descendues du ciel ne mettent pas forcément le moral dans les chaussettes. En tout cas, pas pour la majorité des gens.

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Tout dépend de la sensibilité biologique de chacun. Pour les personnes touchées, on parle de Seasonal Affective Disorder (SAD), le nom officiel de la dépression saisonnière. « Cela concerne des gens sensibles à l’ensoleillement. Aux changements de saison, ils peuvent tomber dans une forme de dépression liée aux variations de lumière. Dans ces cas, ce n’est pas tant de la tristesse qu’ils ressentent qu’un manque d’énergie », explique Hervé Montes, psychiatre et président de l’Association française de thérapie comportementale et cognitive.

Les troubles affectifs saisonniers concernent environ 1 % de la population française, soit 500.000 personnes, et apparaissent plutôt au début de l’automne qu’au retour du printemps. En clair, les personnes sensibles à la météo seront avant tout malheureuses lorsqu’il pleut, plutôt que joyeuses quand il fait beau. Il existe un traitement, la luminothérapie, qui consiste à s’exposer régulièrement à une forte source de lumière artificielle pour contrer ces épisodes dépressifs.

La pluie limite les relations sociales nécessaires à l’épanouissement

Mais le temps qu’il fait dehors a quand même une conséquence indirecte sur le moral de chacun, détaille Hervé Montes : « Notre humeur est stabilisée par nos relations sociales. Si vous rentrez chez vous seul le soir après le travail, vous serez plus triste qu’après un verre entre amis, c’est logique. Et quand il ne fait pas beau, nos interactions sociales sont moins nombreuses à cause de la météo. » D’où « le coup de blues » qui peut toucher tout le monde pendant l’hiver, que l’on soit sensible au changement de saison ou non.

Historiquement, cette idée d’une corrélation entre la météo et l’humeur est développée depuis l’Antiquité, mais c’est Montesquieu qui lui a donné le plus de chair avec sa théorie très politique du climat, dans De l’esprit des lois (1748) : « Ce sont les différents besoins dans les différents climats, qui ont formé les différentes manières de vivre ; et ces différentes manières de vivre ont formé les diverses sortes de lois. » Autrement dit par le docteur Montes, « il y a toujours cette idée que les peuples du Sud sont plus ouverts, plus expansifs, là où les peuples du Nord sont davantage dans l’introspection ». Un peu caricatural, précise toutefois le psychiatre, qui préfère retenir l’aspect biologique.