Atteints de la maladie de Lyme, ils vont porter plainte contre des laboratoires pharmaceutiques

JUSTICE « Les patients reprochent aux laboratoires de ne pas assurer la fiabilité des tests qu’ils proposent », ont déclaré leurs avocats…

Clémence Apetogbor

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Illustration: Justice, loi.
Illustration: Justice, loi. — Patrick Semansky/AP/SIPA

Ils sont près de 150, atteints de la maladie de Lyme transmise par les morsures de tiques, et s’apprêtent à déposer plainte contre des laboratoires pharmaceutiques auxquels ils reprochent de commercialiser des tests qui n’ont pas permis de les diagnostiquer, a appris lundi l’AFP auprès de leurs avocats.

« Les patients reprochent aux laboratoires de ne pas assurer la fiabilité des tests qu’ils proposent, qui conduisent à une dégradation de l’état de santé des malades », ont déclaré Mes Julien Fouray et Catherine Faivre, deux des avocats représentant les plaignants.

Une action groupée

La plainte prendra la forme d’une action regroupée de ces malades et sera déposée « courant juin », « a priori à Lyon ou Paris », ont-ils précisé. Basés sur un prélèvement sanguin, les tests incriminés de type « Elisa » sont produits par une demi-douzaine de laboratoires, notamment BioMérieux et Diasorin.

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Ils résultent d’un consensus de soins établi par les autorités sanitaires en 2006, sur la base de directives américaines valables pour des souches américaines transmises par les tiques.

Des tests mis en cause par le Haut Conseil de la santé publique

Proposés dans les laboratoires d’analyses médicales, ces tests avaient été mis en cause par un rapport du Haut Conseil de la santé publique diffusé en novembre 2014, a précisé Me Fouray. « Ce rapport posait déjà clairement la question de la fiabilité des tests », a commenté l’avocat.

« La difficulté est qu’on dépiste Lyme par la borréliose qui est une bactérie. Jusqu’à maintenant on dépistait seulement la souche américaine. Mais on s’est aperçu que cette souche était minoritaire en Europe. Le test est calibré de telle manière qu’on est certain de passer à côté du diagnostic », a affirmé l’avocat.

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« Plus Lyme est détecté tôt, plus ses effets sont jugulés, en revanche si on laisse la maladie évoluer, on se retrouve avec des pathologies invalidantes », souligne-t-il.

Un « déni criminel »

« Elisa laisse de côté 50 % des malades qui officiellement ne sont pas malades et qui partent dans l’errance médicale pour se soigner », estime Marie-Claude Perrin, présidente de l’association, qui dénonce « un déni criminel des autorités sanitaires ».

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27.000 nouveaux cas de Lyme, une maladie transmise par les tiques, sont déclarés chaque année en France, mais ce chiffre serait en réalité beaucoup plus important à cause d’un défaut de détection, estime l’association.

Détectée trop tardivement, la maladie de Lyme pour laquelle il n’existe aucun vaccin peut avoir des conséquences neurologiques graves pour les malades.