Des personnes atteintes de la maladie de Lyme vont porter plainte contre l'Etat

JUSTICE Un groupe de patients dénonce le manque de prise en charge de la maladie et l’inefficacité du test de dépistage…

H. B.

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Illustration justice.
Illustration justice. — M.LIBERT/20 MINUTES

Certains spécialistes la qualifient de maladie du 21e siècle. La maladie de Lyme, véhiculée par les piqûres de tique, serait très mal diagnostiquée en France selon un collectif de patients qui s’apprête à porter une action en justice. Près de 70 victimes de cette maladie vont en effet porter plainte contre l’État et le laboratoire français Bio Mérieu qui fabrique le test de dépistage de la maladie, révèle Europe 1.

Ces patients, dont certains sont handicapés, atteints de sclérose, ou de surdité expliquent que s’ils avaient été pris en charge dès le début, ils auraient pu être guéris. Seulement voilà, la France ne reconnaît pas Lyme en tant que maladie officielle et ne rembourse donc pas les soins, qui peuvent coûter jusqu’à 500 euros par mois.

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Le test français pas fiable

Les malades pointent également du doigt un problème de diagnostic. Le test de dépistage utilisé en France, et fabriqué par le laboratoire Bio Mérieu, ne serait pas fiable, contrairement à celui qui est pratiqué en Allemagne, réputé être très précis.

Fernand Bouly, atteint de la maladie depuis trois ans, s’est tourné vers le test allemand après avoir écumé les cabinets de médecins en France, rapporte Europe 1. Et les Français sont de plus en plus nombreux à se faire diagnostiquer à l’étranger. « Il y en a qui vont en Allemagne ou aux États-Unis pour se faire diagnostiquer et traiter car en France il n’y a rien, c’est le désert. Et malheureusement, les professionnels de santé comme moi qui veulent dénoncer cela sont tout simplement éliminés de la scène médicale », déplore Viviane Schaller, biologiste à Strasbourg, interrogé par Europe 1.

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Me Fouray, l’avocat des victimes, explique que « ce sont cinq nouvelles personnes » qui le saisissent chaque jour et qui « font part à chaque fois d’un drame humain, d’une errance médicale et d’un abandon », d’où la nécessité, selon lui, d’une action de groupe.