Fièvre jaune: L'OMS parle d'une épidémie «grave» mais se veut rassurante

AFRIQUE Alors que l’Angola et la République démocratique du Congo sont les pays les plus touchés, la Croix-Rouge craint une « crise mondiale »…

20 Minutes avec agences

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Un moustique Aedes aegypti photographié dans un laboratoire de l'université du Salvador, à San Salvador, le 3 février 2016
Un moustique Aedes aegypti photographié dans un laboratoire de l'université du Salvador, à San Salvador, le 3 février 2016 — Marvin RECINOS AFP

Si l’épidémie de fièvre jaune en Afrique, qui a déjà fait près de 300 morts, est « grave », elle ne constitue pas une « urgence de santé publique de portée internationale ». C’est en tout cas ce qu’a estimé jeudi l’Organisation mondiale de la santé (OMS), après avoir réuni son comité d’urgence pour évaluer l’ampleur de l’épidémie, qui touche principalement l’Angola et la République démocratique du Congo.

Composé d’experts internationaux, il est le seul à même de décider si une épidémie représente une « urgence de santé publique de portée internationale », comme il l’avait fait pour Ebola en Afrique de l’Ouest et plus récemment pour Zika en Amérique latine. Cette décision implique une mobilisation et une action internationales immédiates.

293 morts depuis fin 2015

Apparue fin décembre 2015 à Luanda, la capitale angolaise, la fièvre jaune a déjà fait 293 morts, d’après l’OMS. Au total, 2.267 cas suspects ont été comptabilisés, mais seuls 696 ont été confirmés en laboratoire pour l’instant.

En outre, sept cas ont été confirmés en Ouganda, deux au Kenya et onze en Chine, dont beaucoup de ressortissants travaillent en Afrique. La fièvre jaune est une maladie hémorragique virale transmise par le moustique de type Aedes aegypti, vecteur de nombreux virus comme le Zika ou la dengue.

Dangereuse en zone urbaine

Pour tenter d’endiguer l’épidémie, le professeur Oyewale Tomori, qui présidait la réunion du comité d’urgence de l’OMS, a d’ailleurs demandé que « tous les voyageurs se rendant en Angola et en RD Congo soient vaccinés ».

Car « la fièvre jaune en zone urbaine crée une situation particulièrement dangereuse en raison du risque de propagation explosive avec une forte mortalité et aussi du risque de contamination à l’étranger », a reconnu Bruce Aylward, directeur général adjoint de l’OMS.

Mais selon lui, les doses actuelles de vaccin, qui devraient avoisiner les 7 millions à la fin mai, « devraient être suffisantes pour stopper la transmission que nous connaissons actuellement ». Et d’ici août, 17 à 18 millions de doses devraient être produites. De son côté, la Fédération internationale de la Croix-Rouge (FICR) a tout de même mis en garde contre les risques de propagation de l’épidémie.

« Les stocks limités de vaccins, les systèmes inadéquats de surveillance des maladies, la mauvaise hygiène et les interactions transfrontalières économiques et sociales quotidiennes risquent de transformer une crise nationale en crise mondiale », a indiqué jeudi Julie Lyn, directrice du département de la Santé de la Fédération.