Environ dix millions de Français, soit près d'un Français sur cinq, ont déjà testé la cigarette électronique, selon une enquête Ipsos réalisée pour Clopinette, le leader sur le marché en France, et publiée lundi.
Environ dix millions de Français, soit près d'un Français sur cinq, ont déjà testé la cigarette électronique, selon une enquête Ipsos réalisée pour Clopinette, le leader sur le marché en France, et publiée lundi. — Franck Fife AFP

SOMMET DE LA VAPE

Des acteurs de la santé encouragent les fumeurs à vapoter

Associations et scientifiques assurent «qu'en utilisation normale, les émissions de la vape ont une composition au minimum 20 fois moins toxique que la fumée du tabac»...

En France, 7,7 à 9,2 millions de personnes auraient déjà goûté à la e-cigarette et entre 1,1 et 1,9 million l’auraient adoptée. Ces chiffres émanent du premier Sommet de la vape qui réunissait lundi à Paris plusieurs acteurs de santé publique et associations afin d’évoquer l’e-clope, sa consommation et ses conséquences.

Bilan : tous se sont mis d’accord sur un texte encourageant les fumeurs à vapoter plutôt qu’à consumer une cigarette. Huit associations* rejoignent donc les 32.000 médecins du Collège britanniques qui, dans une étude publiée en avril, avançaient que « la cigarette électronique est susceptible d’être bénéfique pour la santé publique ».

Toxicité, normes et consommation des jeunes font consensus

Trois jours après les premiers débats et tables rondes, le pneumologue Bertrand Dautzenberg s’est donc empressé de livrer ce jeudi les six points de consensus sur son compte Twitter. En tête desquels : « En utilisation normale, les émissions de la vape ont une composition au minimum 20 fois moins toxique que la fumée de tabac. »

Et alors même que le débat n’est pas tranché sur les bienfaits/méfaits de la e-cigarette, suivent cinq autres points dessinant la conduite à tenir à l’avenir sur les produits de la vape : « ces produits, y compris les liquides sont actuellement classés comme des produits de consommation courante. Des normes existent actuellement. Ces exigences de qualité (AFNOR ou autres exigences équivalente) doivent permettre de rassurer les fumeurs désireux de trouver une alternative au tabagisme », « la vape a très certainement permis à de très nombreux fumeurs d’arrêter de fumer ou de réduire significativement leur consommation de tabac », « l’utilisation d’arômes, la dose adéquate de nicotine et un matériel adapté à chaque fumeur sont les clefs du succès pour remplacer le tabac par la vape » ou « l’e-cigarette apparaît chez les adolescents plus comme un concurrent du tabac que comme un produit d’initiation ».

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Enfin, les associations appellent à de nouvelles études de suivi « de cohortes de consommateurs sur le long terme afin de confirmer les bénéfices du vaporisateur personnel ».

La directive européenne sur les produits du tabac transposée en droit français

Et si la table ronde initiée par la Direction générale de la santé (DGS) a permis de mettre au point ce fil conducteur, trois autres points survolant la place de l’e-cigarette dans la société méritent, eux, de nouvelles discussions (publicité, positionnement des autorités sanitaire ou réglementation du vapotage dans les lieux publics et de travail).

Ce 1er Sommet de la vape s’est déroulé alors que ce 20 mai, la directive européenne sur les produits du tabac sera transposée en droit français. L’e-cigarette, qui peut contenir de la nicotine et imite le geste du fumeur « classique » est concernée par cette directive. Au menu : restriction des flacons et des réservoirs, vente interdite aux mineurs, publicité prohibée.

*SOS Addictions, Fédération Addiction, Fédération Française d'Addictologie, Aiduce, Réseau de prévention des addictions (Respadd), Tabac et Liberté, Actions Addictions, Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa).