Papillomavirus: Le vaccin est recommandé pour éviter la transmission entre hommes

SEXUALITE La contamination par le HPV est de plus en plus fréquente chez les hommes ayant des relations avec d'autres hommes, ce qui augmente le risque de cancer de l'anus en France...

20 Minutes avec agence

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Les vaccins contre les infections à papillomavirus (HPV) ne sont pas responsables de sclérose en plaques, selon l'Agence française du médicament
Les vaccins contre les infections à papillomavirus (HPV) ne sont pas responsables de sclérose en plaques, selon l'Agence française du médicament — Joe Raedle GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Le Haut conseil de la santé publique (HCSP) recommande, dans un avis publié en ligne ce lundi, que les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes (HSH) se voient proposer le vaccin contre les papillomavirus (HPV, pour Human Papillomavirus).

Dans cet avis, le HSCP choisit d’évoquer les HSH pour ne pas mettre de côté les hommes qui ne se définissent pas comme homosexuels ou bisexuels, bien qu’ils aient des rapports avec des hommes. La recommandation du conseil ne concerne donc pas que les hommes homosexuels.

Rendre les vaccins disponibles dans les centres de dépistage

Mise en place en 2007 pour lutter notamment contre le cancer du col de l’utérus, la vaccination contre le papillomavirus ne s’adresse donc plus uniquement aux femmes. Car si « la grande majorité des hommes et des femmes sont infectés (…) au cours de leur vie », le HCSP note aujourd’hui que la contamination anale par les papillomavirus, ainsi que ses conséquences pathologiques (maladies), est plus fréquente chez les hommes ayant des relations homosexuelles.

 

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De fait, le Haut conseil recommande officiellement de rendre les vaccins disponibles à la population concernée « dans les centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (Cegidd) et dans les centres publics de vaccination ». Ceci sachant que le lien entre infection par le HPV 16 (papillomavirus très répandu) et la survenue de cancers de l’anus (en progession en France), du pénis et certains cancers de la sphère ORL est désormais établi.

Les séropositifs sont particulièrement vulnérables au HPV

On estime ainsi que la proportion de cancers attribuable aux HPV s’élève à 0,7 % chez les hommes contre 4,5 % chez les femmes, et que 25 à 50 % des cancers du pénis seraient attribuables à l’infection par le HPV.

Le Haut conseil précise, par ailleurs, que parmi cette population masculine, les séropositifs sont particulièrement vulnérables au HPV. L’instance suggère ainsi la mise en place d’une campagne d’information afin de s’assurer que l’important message arrive aux oreilles des concernés.

La campagne de vaccination chez les jeunes filles reste « la priorité »

Dans son avis, le HCSP rappelle que si la vaccination des jeunes femmes contre le HPV permet d’obtenir une protection passive des jeunes hommes hétérosexuels, cette protection ne peut exister, de fait, entre hommes.

 

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Cette alerte sur ce risque accru d’infection par le HPV chez les homosexuels ne relègue donc pas au second plan la campagne de vaccination chez les jeunes filles, qui reste, selon le Conseil, « la priorité ». Car seul un vaccin garantit une protection efficace contre le papillomavirus et ses conséquences, soit le cancer du col de l’utérus.

Pour rappel, au 31 décembre 2014, la couverture vaccinale pour au moins une dose était de 17,6 % chez les jeunes filles de 15 ans, loin des 60 % préconisés par le Plan cancer à l’horizon 2019.