Tchernobyl: Pas de lien avéré avec les nombreux cancers de la thyroïde en France

ETUDE La catastrophe nucléaire de 1986 aurait même eu moins d'effet sur les cancers de la glande thyroïde que certaines examens médicaux...

20 Minutes avec agence

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Des activistes français et allemands prennent part à une commémoration de la catastrophe de Tchernobyl, à Strasbourg, le 24 avril 2016
Des activistes français et allemands prennent part à une commémoration de la catastrophe de Tchernobyl, à Strasbourg, le 24 avril 2016 — FREDERICK FLORIN AFP

Si, trente ans après l’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl, le nombre de cancers de la thyroïde a nettement augmenté dans le monde et en France, la radioactivité dégagée par la catastrophe du 26 avril 1986 n’en serait pas la cause.

 

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Une progression de 6 % par an des cancers de la glande endocrine

Ce mardi, le Bulletin épidémiologique hebdomadaire de Institut national de veille sanitaire (InVS) est, en effet, consacré aux liens entre accidents nucléaires et pathologies thyroïdiennes. Son bilan ? Il met à mal la théorie d’un « effet Tchernobyl » tout en confirmant la progression de 6 % par an des cancers de la glande endocrine située dans le cou entre 1982 et 2012.

Pour preuve, il existe de fortes disparités géographiques dans les chiffres d’incidence du cancer de la thyroïde, et les zones les plus touchées ne sont pas toujours celles qui se seraient trouvées sur le chemin du nuage contaminé venu d’Ukraine. Ainsi, c’est en Isère, en Gironde et en Vendée que l’on relève la plus forte présence de la maladie et dans le Haut-Rhin, le Bas-Rhin et la Manche que l’on note le taux le plus faible.

 

Meilleur dépistage et rayons X

La cause de cette augmentation des cancers de la thyroïde serait donc à chercher ailleurs que du côté de Tchernobyl qui pourtant avait répandu dans l’air et le sol de l’iode et du césium, des substances cancérigènes pour la thyroïde. Pour les auteurs du bulletin, elle résulterait « en grande partie de l’amélioration des pratiques médicales ».

Le vaste effort de dépistage du cancer de la thyroïde et la surveillance extrême de cette glande a, en effet, eu pour conséquence le dépistage de plus nombreux cas, dont beaucoup seraient restés asymptomatiques et n’auraient donc jamais été détectés. Autres facteurs responsables : « les examens médicaux et dentaires ». Pour Agnès Rogel, de l’InVS, ils ont « beaucoup augmenté l’exposition de la thyroïde aux rayons X », liés aux scanners ou aux radiographies panoramiques.

 

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