Diabète gestationnel: Plus de risques de devenir diabétiques pour les mères

SANTE Environ la moitié des femmes ayant développé un diabète gestationnel deviennent diabétiques dans les dix ans suivant la grossesse...

Anissa Boumediene

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Illustration d'une femme enceinte
Illustration d'une femme enceinte — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Une grossesse sur cinq serait concernée. Si plus de 3 millions de Français vivent au quotidien avec le diabète de type 1 ou de type 2, une autre catégorie de personnes vit une forme particulière de cette maladie : les futures mères, dont une partie développe un diabète gestationnel. A l’occasion ce samedi de la Journée nationale de dépistage du diabète, durant laquelle des opérations de dépistages gratuits sont organisées un peu partout en France, 20 Minutes s’intéresse de près à ce diabète de grossesse.

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Un test automatique

Durant la période particulière de la grossesse, le placenta produit des hormones qui se retrouvent dans la circulation sanguine de la mère et qui modifient sa capacité à utiliser l’insuline, pouvant entraîner la survenue d’un diabète de grossesse. Pour que chaque future mère potentiellement concernée par ce diabète gestationnel soit bien prise en charge, un test est automatiquement réalisé chez toutes les femmes enceintes entre 24 et 28 semaines d’aménorrhée. Il s’agit du fameuxtest O’sullivan, qui n’est pas une partie de plaisir bien qu’il ne soit pas douloureux. « Pour certains cas, c’est à l’occasion de ce test que l’on diagnostique un diabète classique chez la femme enceinte, qui ignorait jusqu’alors en être atteinte », note le Dr Laurent Chevallier, médecin nutritionniste en maternité et auteur du Guide anti-toxique de la grossesse (ed. Marabout).

Pour les cas les plus courants de diabète gestationnel, « un simple rééquilibrage alimentaire couplé à de l’exercice physique permet un retour à la normale très rapide », rassure le médecin. « On limite tous les sucres d’absorption rapide : bonbons, chocolat, pain blanc, miel, confitures et autres sodas, ainsi que le fromage, pour réduire la charge calorique. Mais pas les fruits, que l’on peut continuer à consommer, et il faut prévoir une dose de féculents à chaque repas », préconise le nutritionniste. « Et on ne se tourne surtout pas vers les édulcorants pour compenser », défend-il, en raison des « risques d’accouchement prématuré ».

Un signal d’alerte

En cas de non-suivi de ces règles élémentaires, « les conséquences immédiates du diabète gestationnel pour les futures mères, ce sont des problèmes à l’accouchement, avec des risques de mettre au monde des bébés plus gros que la normale et par césarienne. Des bébés qui ont un risque plus élevé que la moyenne d’être diabétiques en grandissant », avertit le Dr Eric Renard, néphrologue au département d’endocrinologie, diabète et nutrition au CHU de Montpellier. « C’est aussi pour les mères un signe d’alerte, insiste le Dr Renard. Après l’accouchement, le diabète gestationnel disparaît. Mais celles qui développent un diabète de grossesse ont un risque bien plus élevé d’être diabétique ultérieurement. Environ la moitié d’entre elles développeront un diabète dans les dix ans qui suivent la grossesse ».

D’où l’importance d’un suivi également après la grossesse. « C’est finalement une chance pour les mères d’être diagnostiquées pendant la grossesse, pour qu’elles commencent dès lors un suivi au long cours », estime le Dr Renard. Le médecin nutritionniste conseille pour sa part à ses patientes de revenir le consulter deux mois après l’accouchement, « mais beaucoup ne s’y plient pas, prises dans cette période particulière et intense qui suit la naissance de leur enfant ». Pour le praticien, « un relais intéressant pourrait être mis en place par les médecins généralistes », plus au contact des femmes dans la vie courante.