Pesticides: Une carte recense près de 400 témoignages de «victimes»

SOCIETE L'association Générations Futures espère ainsi lancer le premier réseau national sur cette question...

Clémence Apetogbor

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Illustration d'un épandage de pesticide dans une vigne.
Illustration d'un épandage de pesticide dans une vigne. — Mary Evans / SIPA

Ce jeudi, l’association Générations Futures publie une carte qui recense des citoyens, des collectifs, des associations qui luttent contre l’exposition aux pesticides.

Tous expliquent, à travers des témoignages édifiants, comment ils se sont retrouvés concernés par les pulvérisations de produits chimiques.

Des témoignages venus de toute la France

Madame Y, qui vit à quelques kilomètres de Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées, explique ce qui se passe à quelques mètres de chez elle, dans un champ où est cultivé le maïs.

« Ma fille de 4 ans jouait dans le jardin et à une dizaine de mettre passait le tracteur de mon voisin qui épandait un produit liquide vert avec une très forte odeur. […] Après des renseignements pris auprès de diverses autorités j’ai constaté qu’on obligeait l’agriculteur à se protéger mais que rien n’existait pour nous : ni périmètre, ni l’obligation de prévenir… rien », déplore-t-elle.

D’autres, comme comme Jean-Marie, agriculteur céréalier à 50 kilomètres de Bourges, dans le Cher, a contracté un myélome suite à l’exposition répétée aux pesticides. Il a subi 3 greffes de moelle osseuse et il est en cours de reconnaissance en maladie professionnelle.

Chacun des témoignages illustre les difficultés que ces « victimes des pesticides » ont à faire entendre leurs inquiétudes sur ces produits chimiques auprès des élus locaux et des professionnels du monde agricole.

Des humains traités comme des « cloportes »

Yves, agriculteur qui vit à Saint-Michel-L’observatoire, en Lozère, dénonce. « On sent qu’on peut faire des choses, mais pas n’importe quoi : il faut réfléchir et faire comprendre à ces agriculteurs dans ces gros tracteurs que nous ne sommes pas des cloportes, mais des êtres humains. Et pour l’instant, on est méprisés… »

Cette carte, qui devrait avoir une version à l’échelle européenne, entend montrer que le problème est présent dans toute la France. L’association Générations Futures espère aussi lancer le premier réseau national sur cette question et de rendre visible toutes les victimes.