Grippe aviaire: Quatre questions sur le «vide sanitaire» décrété dans le Sud-Ouest

EPIDEMIE Depuis lundi matin, plus aucun canard n’est autorisé à cancaner dans 18 départements français…

Romain Scotto

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Un panneau "Police sanitaire, accès interdit", placé à l'entrée d'un site où un cas de grippe aviaire a été détecté, le 25 novembre 2015, en Dordogne.
Un panneau "Police sanitaire, accès interdit", placé à l'entrée d'un site où un cas de grippe aviaire a été détecté, le 25 novembre 2015, en Dordogne. — MEHDI FEDOUACH / AFP

Pour trouver trace d’un canard dans le Sud-Ouest, mieux vaut se rendre à la fête foraine (ou dans votre salle de bains…) que chez l’éleveur du coin. Depuis ce lundi, plus aucun canard, ni oie, n’est toléré en extérieur dans 18 départements de la région, en vertu de la mesure de « vide sanitaire » décrétée par le Gouvernement. Celle-ci vise à endiguer l’épizootie de grippe aviaire qui touche les élevages de volaille français depuis novembre dernier. Dans les faits, elle s’accompagne de certaines questions pratiques.

En quoi consiste le « vide sanitaire » ?

Dans le cas présent, il s’agit d’observer une période définie où aucun palmipède ne vit dans un espace donné. Seuls les animaux d’élevages, vivant à l’extérieur sont concernés. Chez les particuliers, les oiseaux peuvent être placés dans des bâtiments ou sous des filets. Leur abattage est conseillé par le ministère, mais pas obligatoire. L’objectif est d’éviter tout contact avec des animaux sauvages, vecteurs de la grippe aviaire, qui pourraient les contaminer. Ces oiseaux de particuliers ne pourront être libérés qu’après le 16 mai, date de redémarrage de la production. Les contrevenants s’exposent à une amende.

Pourquoi cette mesure intervient 6 mois après le déclenchement de l’épizootie ?

Pour répondre à cette question,il faut connaître le cycle de vie d’un canard d’élevage. Celui-ci vit en moyenne 4 mois, dont 5 semaines de « couvoir », 2 semaines de « canetonière » dans des bâtiments chauffés, 12 semaines de « parcours » au grand air, 2 semaines de gavage en bâtiments fermés, avant l’abattage. « Il y a eu une circulaire au mois de janvier interdisant l’introduction de nouveaux cannetons, témoigne-t-on du côté du Ministère de l’agriculture. La période est calée par rapport à cela. » En clair, les canards vivants ont été autorisés à finir leur cycle de vie en élevage. Jusqu’au 18 avril, les palmipèdes pouvaient être sur le « parcours », à l’extérieur. A partir d’aujourd’hui, plus aucune bête n’est admise à l’air libre. Entre le 18 avril et le 2 mai, certaines seront en gavage. Entre le 2 mai et le 16 mai, le vrai vide sanitaire interviendra. « On aurait pu dire : peu importe, on abat tout le monde dès le début. Mais les conséquences économiques étaient importantes », précise le Ministère. Par ailleurs, tous les foyers où la maladie a été détectée ont déjà été vidés. Les élevages concernés par le vide sanitaire figurent dans un périmètre de sécurité, mais ne sont pas touchés par la grippe aviaire.

Combien d’élevages sont concernés ?

La mesure s’applique dans toute l’Aquitaine (Dordogne, Gironde, Landes, Lot-et-Garonne, Pyrénées-Atlantiques), Midi-Pyrénées (Ariège, Aveyron, Haute-Garonne, Gers, Hautes-Pyrénées, Tarn, Tarn-et-Garonne et le Lot), la Corrèze, la Haute-Vienne et certaines communes de l’Aude, du Cantal et de Charente. Selon Vincent Labarthe, cité par La Dépêche du Midi, « cette méthode a déjà été mise en place en Italie en 2014 et s’est révélée très efficace. Ça le sera aussi pour nous. Le vide sanitaire reste la meilleure façon de faire oublier au plus vite cet épisode douloureux ».

Comment s’assurer que le virus est éradiqué ?

Une fois les espaces libérés de tout canard et oie, ceux-ci sont entièrement nettoyés et désinfectés pour éliminer toute trace d’éventuel virus. Les nouveaux palmipèdes seront forcément sains puisqu’ils n’ont eu aucun contact avec l’extérieur.