Attentats de Paris: Un nouveau traitement va être testé pour traiter le stress post-traumatique

MEDICAMENTS L’étude portera sur 400 personnes au total...

20 Minutes avec agences

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Fleurs et bougies en hommage aux victimes le 215 novembre 2015 devant le Bataclan à Paris
Fleurs et bougies en hommage aux victimes le 215 novembre 2015 devant le Bataclan à Paris — KENZO TRIBOUILLARD AFP

Les Français souffrant de stress post-traumatique (SPT), et particulièrement les victimes des attentats de Paris, vont pouvoir bénéficier d’une nouvelle thérapie. Développé au Canada par le Pr Alain Brunet, ce traitement va, en effet, être testé à grande échelle dans des centres et des hôpitaux franciliens.

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Six semaines de traitement

« L’étude, qui portera sur 400 personnes au total, devrait démarrer d’ici à trois semaines, dès que les dernières autorisations auront été données », a indiqué, mercredi à Paris, le Pr Bruno Millet (Pitié-Salpêtrière), qui coordonnera la recherche destinée à évaluer ce nouveau traitement innovant.

Alors que, selon le spécialiste du SPT canadien, le stress post-traumatique est un trouble lié à la mémoire, « et notamment à la mémoire émotionnelle », la « méthode Brunet » vise à diminuer la charge émotionnelle d’un souvenir traumatique grâce à un traitement de six semaines associant un médicament et une psychothérapie.

Une réduction graduelle, plus rapide et sur le long terme de ce souvenir émotionnel

Mise au point au début des années 2000, cette thérapie, testée avec succès au Canada, travaille sur une réduction graduelle, mais plus rapide et sur le long terme, de ce souvenir émotionnel qui s’érodera dans tous les cas chez les victimes d’attentats, comme chez une personne non traumatisée (le souvenir factuel de l’événement restera intact).

Le Pr Brunet a recours au propanolol, médicament déjà employé contre l’hypertension et la migraine. Le patient sera ainsi invité à prendre un comprimé une heure avant la première séance au cours de laquelle il doit écrire le récit de son trauma.

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La semaine suivante, après avoir avalé un nouveau comprimé, il est invité à relire son récit initial et ce pendant six semaines au total. A l’issue de la thérapie, le texte ne devrait plus correspondre à son ressenti. Autrement dit, les victimes de l’attaque du Bataclan et des terrasses parisiennes devraient réussir à raconter leur traumatisme de manière factuelle, et plus dans l’émotion.

Onze centres et hôpitaux ont d’ores et déjà donné leur accord

Depuis décembre 2015, une centaine de cliniciens de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) ont donc été formés à la « méthode Brunet ». Les patients qui seront inclus dans l’étude (principalement des personnes touchées par les attentats de novembre dernier) seront répartis en deux groupes : l’un recevra le nouveau traitement, l’autre continuera à recevoir des traitements classiques.

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Onze centres, dont plusieurs hôpitaux de l’AP-HP, ont d’ores et déjà donné leur accord pour participer à l’essai baptisé PARIS MEM, parmi eux la Pitié-Salpêtrière, Saint-Antoine, Tenon, Ambroise Paré, Créteil. D’autres pourraient donner leur accord d’ici peu, assure le Pr Millet. Pour obtenir des précisions et un rendez-vous d’évaluation, les patients peuvent appeler le 01 42 16 15 35.