Le régime végétarien rend l'ADN plus vulnérable à l'inflammation

ETUDE Sur plusieurs générations, une alimentation végétarienne favoriserait certaines maladies inflammatoires…

R.S.
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Illustration d'un panier de légumes
Illustration d'un panier de légumes — A. GELEBART / 20 MINUTES

Non, votre dernière salade composée roquette-tomates cerises-échalotes-noix (un délice) n’y est pas pour grand chose. A moins que sur plusieurs générations, votre alimentation soit dépourvue de viande et de produits laitiers, comme c’est le cas chez certaines populations d’Afrique ou d’Asie du Sud-Est. Une récente étude américaine établit une corrélation entre un régime végétarien et une modification génétique. Celle-ci a pour particularité de stimuler la production d’acide arachidonique (Oméga-6), connus notamment pour favoriser les maladies inflammatoires.

Dans le monde médical, ces maladies sont caractérisées par la présence d’une inflammation. Elles peuvent toucher les organes, le système digestif, nerveux, ou les articulations. Certaines d’entre elles sont aussi liées à un dysfonctionnement du système immunitaire.

Un déséquilibre entre Oméga-3 et Oméga-6 ?

L’étude en question, publiée dans le Molecular Biology and Evolution, ne précise pas quelles maladies sont concernées. Elle n’établit pas non plus de lien direct entre cette modification génétique et un risque accru de cancer ou de maladies cardio-vasculaire. Elle démontre simplement qu’un régime végétarien ancré dans une population, doublé d’une alimentation riche en huiles végétales, entraîne une mutation génétique qui transforme les acides gras en Oméga-6.

Selon les chercheurs de l’université de Cornell (Etats-Unis), par ricochet, cette mutation génétique entravait la production des acides gras de type Oméga-3, qui protègent des pathologies cardiaques. Or l’équilibre entre Oméga-3 et Oméga-6 est capital. Les médecins savent que des taux élevés d’oméga-6 par rapport au taux d’oméga-3 peuvent favoriser l’apparition de maladies, notamment cardio-vasculaires.

Le développement de maladies cardiaques et des cellules cancéreuses

C’est en comparant le génome d’une population végétarienne indienne avec celle des habitants carnivores traditionnels qu’ils ont obtenu leur conclusion.Interrogé par le site Researchgate.net, l’un des auteurs, Tom Brenna indique que « chez les individus dont les ancêtres sont végétariens, les huiles végétales sont transformées en acide arachidonique (Oméga-6), ce qui augmente le risque d’inflammation (…) et peut être un facteur contribuant au développement de maladies cardiaques et des cellules cancéreuses. » Les maladies inflammatoires étant de plus en plus considérées comme un facteur de risque du cancer colo rectal ou de l’intestin.