La «phobie scolaire», un trouble tabou à traiter au plus vite

EDUCATION La pathologie désigne l'incapacité d'un enfant à aller à l'école pour des motifs psychologiques...

20 Minutes avec agences

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Illustration d'un collégien allant à contre coeur à l'école.
Illustration d'un collégien allant à contre coeur à l'école. — LEVY BRUNO/SIPA

Pédopsychiatres et soignants estiment à environ 1 % le nombre de jeunes qui souffrent de « phobie scolaire ». Pourtant, ce trouble psychologique, s’il est mieux diagnostiqué reste encore tabou et peu connu du grand public. Les enfants souffrent de vertiges, de violents maux de ventre les jours d’école voire de dépression, quant aux parents, ils plongent dans le désarroi.

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Et pour lever le voile sur cette pathologie « à traiter au plus vite », l’association PhobieScolaire.org, qui organise des groupes de parole, vient de publier Ecole, quand la phobie prend le dessus (éditions Josette Lyon), dans lequel se croisent témoignages d’enfants et de parents, et les réflexions de médecins et psychologues travaillant sur ce trouble psychologique depuis plusieurs années.

Le risque de la « claustration »

Une association et des soignants qui recommandent donc « d’agir très vite », car « le gros risque des enfants en phobie scolaire prolongée, c’est la claustration, des jeunes qui s’enferment chez eux, ne sortent plus et ne voient plus personne », souligne le docteur Marie-France Le Heuzey, du service psychiatrie de l’hôpital Robert-Debré à Paris

Le trouble, qui désigne l’incapacité d’un enfant à aller à l’école pour des motifs psychologiques, est à distinguer de l’école buissonnière car les petites victimes ont envie d’étudier et ont d’ailleurs parfois de bons résultats.

Angoisse de la séparation ou harcèlement

Alors comment expliquer ce trouble qui existe depuis que l’école est obligatoire ? Le Dr Girardon évoque une angoisse de la séparation d’avec les parents. « Plusieurs mécanismes et facteurs de risque » sont également à l’œuvre, tels que le harcèlement ou des troubles de l’apprentissage, écrit le docteur Marie-France Le Heuzey.

Et si la dépression, associée à une phobie sociale (la peur du regard de l’autre) est, elle, détectée en majorité chez les adolescents, PhobieScolaire.org propose une feuille de route pour permettre de prévenir de manière précoce ce trouble et « la prise en charge rapide de votre enfant ». Les soins vont de quelques séances de thérapie à une hospitalisation de plusieurs semaines dans des unités adaptées.