VIDEO. Vache folle: Pourquoi la maladie refait son apparition?

AGRICULTURE Un cas de vache folle a été confirmé dans les Ardennes ce mardi…

Audrey Chauvet

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Illustration d'une vache.
Illustration d'une vache. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

On pensait en être débarrassés, mais l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) est revenue : ce mardi, un cas de « vache folle » a été confirmé dans les Ardennes sur une vache de cinq ans décédée prématurément. Le dernier cas recensé en France remontait à 2004. Faut-il craindre un retour de la maladie, qui avait frappé le cheptel bovin à la fin des années 1990 ?

« La maladie ne réapparaît pas aujourd’hui, c’est plutôt un cas isolé comme on en a déjà eu en 2004 en France et les années suivantes au Royaume-Uni et en Irlande », rassure Christian Ducrot, chef de département adjoint santé animale à l’INRA. Pour le chercheur, les causes de la propagation de la maladie ont été éradiquées, et le cas détecté dans les Ardennes devrait rester isolé. « La France a maintenu les dispositifs qui évitent toute reprise d’une épidémie, assure Christian Ducrot. Les farines animales sont interdites depuis l’an 2000. »

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Pas de vache folle dans l’assiette

Lors de la crise de la vache folle, ces farines avaient été à l’origine de la propagation du prion, la protéine qui détruit les neurones des animaux et se transmet à l’homme. Or, aujourd’hui, il n’existe plus de farines animales utilisées dans les années 2000. La vache folle des Ardennes a plus probablement été victime d’une forme sporadique de la maladie, comme cela peut être le cas pour la maladie de Creutzfeld-Jacob chez l’homme. « Il peut aussi exister une forme génétique de la maladie : un gène pourrait faire que les individus qui le portent sont plus susceptibles de développer une maladie à prion », ajoute Christian Ducrot.

Aucun risque en tout cas pour les mangeurs de viande : la vache qui a été abattue n’est pas entrée dans le circuit alimentaire, puisqu’elle a été envoyée à l’équarrissage après une mort prématurée. « La France a maintenu un niveau de surveillance élevé sur les animaux les plus à même d’être infectés, donc les animaux morts de maladie à plus de quatre ans », explique Christian Ducrot. Les abats risqués, comme le cerveau ou la moelle épinière, sont également interdits à la consommation depuis la crise des années 1990.