Régime sans viande: «La majorité des végétaliens sont en parfaite santé»

INTERVIEW Gilles Demarque, nutritionniste à Paris, explique les avantages d'être végétarien, à l'ocasion de la Journée mondiale sans viande...

Propos recueillis par Anissa Boumediene

— 

Illustration d'un panier de légumes
Illustration d'un panier de légumes — A. GELEBART / 20 MINUTES

La barbaque, c’est has been ! Aujourd’hui, la grande tendance en matière d’alimentation, c’est de faire l’impasse sur la viande, considérée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme probablement cancérogène. Végétarisme, véganisme ou encore pesco-végétarisme : à chacun son option sans viande, pour un régime alimentaire tout à fait sain et équilibré. A condition de trouver dans d’autres aliments les bienfaits de la viande. A l’occasion de la Journée internationale sans viande qui a lieu ce dimanche, Gilles Demarque, nutritionniste à Paris, nous aide à y voir plus clair.

>> A lire aussi : Pourquoi deviennent-ils tous végétariens?

Est-ce dangereux pour la santé de se passer de viande ?

Absolument pas, c’est même très sain : il faut aller vers une alimentation végétarienne. Nous avons tendance à consommer trop de viande : 86 kg par an et par habitant. Ce n’est pas viable en termes de santé, d’environnement et de quantité. On se dirige de plus en plus vers un régime sans viande. Et il est tout à fait possible d’avoir une alimentation saine, variée et équilibrée sans manger un gramme de viande. En consommant des œufs, des produits laitiers et, pour ceux qui se l’autorisent, des produits de la mer, tous les apports nutritionnels sont assurés.

Mais y a-t-il des risques de carences alimentaires en supprimant tous les produits animaliers de son alimentation ?

C’est potentiellement dangereux, car il y a un véritable risque de carence en vitamine B12, qui n’est présente que dans les produits animaliers. Or cette vitamine est indispensable à la fabrication des globules rouges. Si on en manque, cela peut entraîner une anémie de Biermer et des troubles neurologiques. Et si l’alimentation végétalienne n’est pas suffisamment variée, il peut également y avoir des risques de carences en fer. Mais il ne faut pas non plus basculer dans l’alarmisme. Le véganisme est parfois agité comme un épouvantail, or la majorité des végétaliens, ou végans, sont en parfaite santé.

Comment faire pour éviter ces carences ?

Que l’on mange de la viande ou non, c’est pareil : il faut avoir une alimentation suffisamment variée pour éviter les carences. Concernant ceux qui ne consommeraient aucun produit animalier, il leur faut avoir une culture nutritionnelle qui leur permet d’identifier et combler les besoins de leur corps. Concernant l’indispensable vitamine B12, la complémentation par la pharmacopée est indispensable. Mais il s’agit simplement de prendre des compléments médicamenteux de cette vitamine. Pour ce qui est des apports en fer ou en calcium, là encore, il n’y a pas d’inquiétude à avoir. Il existe des eaux enrichies en calcium qui couvrent autant les besoins du corps que le lait. Et les légumineuses (lentilles, haricots secs, soja), très riches en fer et en protéines, suffisent également à combler les apports journaliers recommandés. Mais il est vrai que le fer d’origine végétale est moins absorbable par l’organisme que le fer animal. L’astuce consiste à le consommer avec des aliments riches en vitamine C, comme les agrumes, pour faciliter l’absorption.