Anxiété, phobie, paranoïa... 55% des 15-25 ans sont gênés par des troubles mentaux

SONDAGE Selon la Fondation Pierre-Deniker pour la recherche et la prévention en santé mentale, 80 % des troubles psychotiques se révèlent avant 25 ans…

20 Minutes avec agences

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Plus d'un jeune sur deux a été gêné dans sa vie quotidienne par des symptômes tels que l'anxiété, la phobie, la dépression, la paranoïa, etc.
Plus d'un jeune sur deux a été gêné dans sa vie quotidienne par des symptômes tels que l'anxiété, la phobie, la dépression, la paranoïa, etc. — PHILIPPE DESMAZES AFP

95 % des 15-25 ans se déclarent « heureux et intéressés par la vie ». Le constat émanant d’un sondage commandé par Fondation Pierre-Deniker pour la recherche et la prévention en santé mentale est rassurant.

Pourtant il est clairement nuancé par d’autres confidences. En effet, 37 % des jeunes interrogés ont avoué se sentir « souvent stressés » et plus de la moitié (55 %) auraient déjà été gênés par des symptômes de troubles mentaux (anxiété, phobie, dépression, paranoïa, etc.) et, 22 % « de manière importante ».

Ce sentiment de bonheur est partagé par les parents à 98 %

« Les trois quarts des maladies mentales se déclarent avant l’âge de 25 ans, 80 % des troubles psychotiques se révèlent entre 15 et 25 ans », explique la Fondation Pierre-Deniker qui a commandé en février dernier à l’institut Ipsos-Le Point cette étude ciblant simultanément 603 jeunes, 601 parents et 235 enseignants.

De fait, ce sentiment de bonheur est partagé par les parents à 98 % et par leurs enseignants (86 %). Mais si les jeunes se déclarent « stressés », leurs parents n’ont que peu conscience de cet état, alors que 43 % des enseignants ont noté cette tendance.

 

 

92 % des enseignants « ignorent la conduite à tenir en cas de problème de santé mentale »

Reste que face à ce stress et ces symptômes de troubles mentaux, jeunes, parents et enseignants se disent mal informés et démunis. Ainsi 92 % des enseignants « ignorent la conduite à tenir en cas de problème de santé mentale » avec des connaissances « contrastées entre une bonne appréciation de certains facteurs de déclenchement (choc émotionnel, consommation de drogues, etc) et la survalorisation de certains autres dont la nocivité n’est pas prouvée (télévision, jeux vidéo, internet) ».

 

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Plus des trois quarts des sondés pensent qu’un membre de leur famille est la personne la mieux placée pour apporter de l’aide. Viennent ensuite la psychothérapie (respectivement 66, 67 % et 80 %) et loin derrière les médicaments psychotropes (respectivement 17, 21 et 16 %).

« Il est important que les jeunes (…) puissent être évalués par un professionnel »

« La plupart de ces symptômes sont transitoires et ne signent pas forcément le début d’une maladie psychiatrique », commente le professeur Marie-Odile Krebs, chef de service de l’hôpital Sainte-Anne. « En revanche, il est important que les jeunes […] puissent être évalués par un professionnel car selon leur fréquence, l’importance de la gêne, leur contexte, ces symptômes peuvent être des signes d’alerte d’un trouble débutant. »