Hépatite B: La justice rend un non-lieu dans l'enquête sur le vaccin

JUSTICE Le vaccin contre l’hépatite B est mis en cause depuis 17 ans dans l’apparition de certaines pathologies neurologiques, comme la sclérose en plaques…

20 Minutes avec agences

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Illustration: vaccination d'un enfant.
Illustration: vaccination d'un enfant. — Catherine Delahaye/SIPA

La justice a rendu, le 9 mars, un non-lieu dans l’enquête retentissante sur le vaccin contre l’hépatite B, après plus de 17 ans d’instruction. Cette décision suit les réquisitions du parquet de Paris, qui avait conclu, il y a quelques mois, à l’absence de « causalité certaine », entre la vaccination contre l’hépatite B et l’apparition de pathologies neurologiques telles que la sclérose en plaques. La « faute d’imprudence ou de négligence » des mis en cause a aussi été écartée.

Une affaire qui remonte à la campagne de vaccination de 1994

Ces maladies s’étaient en effet manifestées chez certains patients à la suite de la large campagne de vaccination menée par le gouvernement en 1994, visant à vacciner plus de 20 millions de Français contre l’hépatite B.

Une plainte avait été déposée à la suite du décès d’une enfant, née en 1985 et atteinte d’une maladie de la moelle osseuse, moins d’un an après sa vaccination en 1996.

L’enquête, ouverte en 1998, avait permis de recenser une soixantaine de victimes, dont neuf décédées.

« Une décision scandaleuse », fustige l’une des avocates

Dix ans plus tard, trois anciens responsables des laboratoires pharmaceutiques Sanofi-Aventis et GlaxoSmithKline avaient été mis en examen pour « tromperie aggravée ». L’instruction avait aussi donné lieu à plusieurs expertises contradictoires, en 2002 puis en 2006.

Il s’agit d’une « décision scandaleuse », qui « fait référence à la position de l’administration sanitaire, pourtant les différents juges n’ont pas effectué les vérifications » sur le travail des autorités, a dénoncé l’avocate de parties civiles, Me Gisèle Mor.

« Dès le début, il y a eu une volonté de ne pas aboutir », a affirmé à l’AFP l’avocate, pour qui l’administration « n’a pas rempli son devoir de surveillance ».