«Purple Drank», la drogue des ados qui inquiète les autorités sanitaires

SOCIETE L'agence du médicament prie les professionnels de santé de surveiller toute « demande de médicaments contenant un dérivé opiacé ou un antihistaminique »...

20 Minutes avec agence

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Un médicament sous forme de sirop.
Un médicament sous forme de sirop. — HOUIN GERARD/SIPA

Sirop pour la toux et antihistaminiques mélangés à du soda. La mixture cartonne auprès des adolescents. Baptisée « Purple Drank », cette nouvelle drogue venue des Etats-Unis deviendrait incontournable en France où, entre janvier et août 2015, 18 signalements d’abus et mésusages ont été répertoriés par les autorités sanitaires.

Garder un œil expert sur une drogue en passe de devenir tristement populaire

« Une hausse qui peut cependant également s’expliquer par une connaissance croissante du phénomène et un meilleur repérage », note le site Pourquoi Docteur, qui rapporte la « mise en garde » de l’agence nationale du médicament (ANSM) concernant « l’usage détourné de médicaments délivrés avec ou sans ordonnance ».

Adressé aux addictologues, aux urgentistes, aux pédiatres, aux médecins exerçant en centres de planning familial et aux professionnels exerçant auprès des jeunes et spécialisés dans la prévention de l’usage des drogues, ce « bulletin de vigilance » émis ce vendredi indique la nécessité de garder un œil expert sur cette « Purple Drank » en passe de devenir tristement populaire.

La codéine et la prométhazine dans le viseur

S’appuyant sur les « comptes rendus de soirée » postés sur les réseaux sociaux et sur des « demandes de délivrance suspectes rapportées par des pharmaciens, mais aussi des cas de dépendance ou d’abus ayant pu conduire à une hospitalisation », l’ANSM a désormais deux molécules dans le viseur : la codéine (opiacé que l’on trouve dans des sirops contre la toux) et la prométhazine (antihistaminique H1 indiqué contre les allergies et les insomnies).

« Ces médicaments se présentent sous différentes formes utilisées pour la fabrication du "Purple Drank" : comprimé, sirop et solution buvable », précise l’agence, qui prie chacun de surveiller toute « demande de médicaments contenant un dérivé opiacé ou un antihistaminique qui semblerait suspecte et émanant en particulier de jeunes adultes ou d’adolescents. »

Des symptômes de « mésusages » observés dès 12 ans

Pour rappel, en 2014, l’ANSM avait déjà tiré la sonnette d’alarme après avoir observé une augmentation rapide et une persistance des signalements de « Purple Drank ». L’autorité avait ainsi chargé le CEIP (Centre d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance) de Lille d’enquêter.

Selon les résultats de cette étude publiés en septembre dernier, les symptômes de « mésusages » observés chez les jeunes consommateurs (ayant pour certains 12 ans) vont des troubles de la vigilance aux crises convulsives en passant par les hallucinations. Une seule notification a pour le moment rapporté « une tachycardie légère à modérée ».