La pilule combat le cancer

SANTE Une étude menée depuis 40 ans pose des conditions...

M.N

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En plus de réguler l’activité hormonale, la pilule contraceptive pourrait faire reculer les risques de cancer de 12%. C’est la conclusion rendue par une équipe de chercheurs britanniques de l’université d’Aberdeen (Ecosse). Ces derniers ont analysé les données collectées pendant 36 ans auprès de 46.000 femmes, une population d’une moyenne d’âge de 29 ans, toutes mariées ou vivant une relation stable. Les 46.000 sujets suivis jusqu’en 2004 ont été divisés en deux groupes égaux: celles qui prennent la pilule et les autres.

Cancer du sein

Les effets bénéfiques de la pilule ne sont pas immédiats, il faut attendre 15 ans après l’arrêt de la prise de l’hormone synthétique pour voir une réelle influence biologique. Une condition: ne pas l’avoir prise plus de huit ans. Au-delà des huit ans de pilule, l’étude publiée British Medical Journal montre que les risques de cancer augmentent de 22%. Selon les résultats de chercheurs d’Aberdeen, la pilule peut réduire la probabilité de développer un cancer des intestins, du rectum, utérin ou ovarien. Même constat pour le cancer du sein.

Pas un traitement préventif

Pour Maria Leadbeater, responsable du programme «lutte contre le cancer du sein» outre-Manche, les conclusions d’Aberdeen vont «réconforter les femmes qui ont utilisé la contraception orale depuis le début». C’est-à-dire 1961, l’année de l’apparition des hormones synthétiques sur le marché. Depuis sa fabrication et sa vente, la pilule a toujours suscité des interrogations sur ses effets, négatifs ou positifs, sur le métabolisme. Utiliser spécialement la pilule pour prévenir le cancer n’est cependant pas conseillé par Philip Hannaford, chercheur à l’université d’Aberdeen impliqué dans le programme. Interrogé par le Guardian, il explique que «cela serait trop simple de dire que tout le monde devrait utiliser la pilule. Il y a 5-10 ans nous avions conseillé aux femmes ménopausées d’utiliser des traitements hormonaux de substitutions. Maintenant nous nous rendons compte que c’était une grave erreur». Actuellement, 100 millions de femmes prennent la pilule dans le monde. Depuis son lancement en 1961, 300 millions l’ont utilisée.