Semaine du rein: «Une fois qu'on perd ses fonctions rénales, c'est irréversible»

SANTE Cette année, la Semaine nationale du rein met l'accent sur le dépistage précoce des maladies rénales...

Anissa Boumediene
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Illustration d'une consultation médicale entre un médecin et une patiente.
Illustration d'une consultation médicale entre un médecin et une patiente. — DURAND FLORENCE/SIPA

Plus de 3 millions de personnes sont touchées en France. Pourtant, on sait peu de chose sur les maladies rénales chroniques, qui peuvent avoir un lourd impact sur le quotidien des patients. Si elles ne sont pas dépistées précocement, elles peuvent conduire à la dialyse, voire à la greffe de rein. A l’occasion de la Semaine nationale du rein, qui se déroule du 5 au 12 mars, des opérations d’information et de dépistage gratuit sont organisées un peu partout en France. Cette année, la campagne met l’accent sur la prévention dès le plus jeune âge, pour appeler le grand public à prendre soin de ses reins dès l’enfance.

Une maladie silencieuse

« L’insuffisance rénale est une maladie silencieuse, elle progresse sans qu’il n’y ait de symptômes notables », explique Roger Charlier, président de la Lien : Fédération nationale d’aide aux insuffisants rénaux (FNAIR). Et « comme il s’agit de maladies muettes, de nombreux patients sont diagnostiqués à un état d’insuffisance rénale avancé, qui fait qu’ils doivent être placés sous dialyse ou carrément transplantés», renchérit le Dr Eric Renard, néphrologue au département d’endocrinologie, diabète et nutrition au CHU de Montpellier. « C’est une annonce extrêmement brutale ».

Or les maladies rénales affectent plus de 3 millions de personnes rien qu’en France et « progressent chaque année de 2 % », précise Roger Charlier.

L’importance d’un dépistage précoce

Et certaines populations sont plus à risques que d’autres. « Le diabète et l’hypertension sont les principaux pourvoyeurs de maladies rénales », indique le Dr Renard. Pour les personnes qui en sont atteintes, un dépistage annuel doit être scrupuleusement réalisé. « Ce n’est pas contraignant, une simple analyse d’urine permet de contrôler l’état de leur fonction rénale », assure le médecin. Une vigilance dont doivent aussi faire preuve les patients ayant des coliques néphrétiques chroniques et des infections urinaires à répétition et tous ceux ayant des antécédents familiaux de maladies rénales.

« Une fois que l’on perd ses fonctions rénales, c’est irréversible », avertit Roger Charlier. D’où l’importance d’un dépistage précoce, même chez les enfants, pour ralentir au maximum l’évolution de la maladie. Car « 5 à 6 % des insuffisants rénaux sont des enfants », rappelle-t-il. « C’est pour ça qu’il ne faut pas oublier les visites médicales scolaires et professionnelles, qui sont de bonnes occasions de dépister au plus tôt des maladies rénales », insiste le Dr Renard.

Préserver son capital rénal

S’il n’existe pas de solution miracle, quelques bons réflexes permettent préserver son capital rénal. « Il ne faut pas manger trop de viande, préconise le Dr Eric Renard. Une alimentation trop riche en protéines sollicite fortement les reins, ce qui entame le capital rénal ». On y va mollo aussi avec la salière, puisqu’une consommation élevée de sel favorise l’hypertension.

Boire deux litres d’eau par jour aide aussi à garder des reins en bonne santé, surtout si l’on est sujet aux calculs rénaux et autres infections chroniques des voies urinaires. « Manger sainement, faire du sport et ne pas fumer : ce ne sont que des mesures de bon sens, note le Dr Renard. Mais cela permet vraiment de préserver durablement ses reins ».