Santé: Ce qu'il faut savoir pour se faire tatouer en toute sécurité

TATOUBON « 20 Minutes » vous donne les clés pour vous faire tatouer en toute sécurité, alors que s’ouvre ce vendredi à Paris le Mondial du tatouage…

Anissa Boumediene
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Quelques précautions d'usage sont à prendre avant de se faire tatouer.
Quelques précautions d'usage sont à prendre avant de se faire tatouer. — CHINE NOUVELLE/SIPA

Un tatouage, c’est pour la vie (sauf laser ou cover), alors mieux vaut se faire tatouer dans les règles de l’art. Pour que l’histoire entre vous et ce dessin qui restera gravé dans votre peau se passe sans encombre, il y a quelques précautions d’usage à prendre. A l’occasion du Mondial du tatouage, qui se tient à Paris du 4 au 6 mars, 20 Minutes vous indique la marche à suivre pour vous faire tatouer en toute sécurité.

Bien choisir l’emplacement de son tatouage

Epaule, cheville, creux des reins ou encore sur la nuque, après le dessin, c’est le choix de son emplacement qui est difficile. Si d’un point de vue purement cosmétique, mieux vaut éviter de se faire tatouer sur des zones du corps sensibles aux variations de poids telles que le ventre ou les cuisses, du point de vue de la santé, certaines zones sont à éviter. Comme les mains et le cou, où la peau est fine et recouvre des veines. Le long de la colonne vertébrale, une zone douloureuse et dangereuse, est aussi fortement déconseillé. A tel point que certains anesthésistes refuseraient de pratiquer des péridurales sur les femmes enceintes tatouées dans le dos. « Il n’y a a priori pas de danger avéré, mais se plier au principe de précaution est plus sûr », indique le Dr Isabelle Rousseaux, dermatologue spécialiste du détatouage au laser.

S’il est en revanche une zone à ne surtout pas tatouer, ce sont les grains de beauté. D’abord parce qu’il est « dangereux de les faire saigner, précise la dermatologue. Mais aussi parce qu’il est difficile de contrôler l’évolution des grains de beauté lorsqu’on ne les voit pas ». Dans le doute, « il est plus prudent de les faire examiner avant de se faire tatouer ». De même, il est contre-indiqué de tatouer des peaux qui ont du mal à cicatriser ou qui sont lésées par de l’eczéma ou du psoriasis.

Choisir le bon tatoueur

Déjà que l’on ne confierait pas ses cheveux à n’importe quel coiffeur, alors choisir celui qui marquera votre peau à vie, ça ne se décide pas à la légère. « Mieux vaut aller chez quelqu’un qui a pignon sur rue, quitte à payer un peu plus cher. C’est le prix à payer pour s’assurer des bonnes conditions d’hygiène et de la qualité des encres », préconise le Dr Rousseaux. Car réalisé dans de mauvaises conditions, un tatouage peut entraîner des risques sur la santé. « Certaines encres rouges contiennent des éléments allergisants et d’autres encres noires comportent des dérivés cancérigènes », alerte-t-elle. Et si le tatouage n’est pas réalisé dans de bonnes conditions d’hygiène, le risque d’infection explose.

Pour que tout se passe au mieux, le tatoueur doit suivre plusieurs règles sanitaires : procéder à un lavage antiseptique de ses mains, utiliser du matériel à usage unique (notamment les gants et aiguilles), tatouer dans un espace dédié stérile et désinfecté, aseptiser la peau qui va être tatouée, et suivre la règle du « no touch », qui consiste pour le tatoueur à ne rien toucher qui ne soit « protégé » ou à usage unique pendant qu’il tatoue. « Il y a peu de contrôles, donc c’est aux professionnels du secteur de se responsabiliser », souligne Isabelle Rousseaux.

Prendre soin de sa peau après le tatouage

Après le tatouage, il faut prendre soin de sa peau et suivre scrupuleusement les recommandations du tatoueur, qui aura appliqué sur son dessin une solution antiseptique et une crème cicatrisante, avant de le recouvrir d’un film plastique. Pas de panique si le tatouage rougit/gonfle/voire pèle dans les premiers jours, c’est normal, mais il ne faut SURTOUT PAS se gratter. Pendant les 15 premiers jours, on continue à changer son pansement deux fois par jour, à laver sa peau avec un savon antiseptique et appliquer de la crème cicatrisante. Le tout bien sûr en ayant les mains bien propres. Un rituel contraignant, mais qui garantie une cicatrisation optimale.

Et pendant au moins un mois, on met une croix sur les bains, le hammam, la piscine et le soleil.

Se faire détatouer

Mais un tatouage, c’est comme une histoire d’amour, ça ne marche pas à tous les coups. Et si on veut s’en débarrasser sans le faire recouvrir par un autre tatouage, pas d’autre choix que de l’effacer au laser. « Aujourd’hui les lasers sont très perfectionnés, ils ne laissent ni marques ni cicatrices », assure le Dr Rousseaux. Mais ce n’est ni anodin, ni une solution miracle : « Le détatouage laser doit être réalisé par un médecin dermatologue, insiste-t-elle, et s’il est efficace sur les encres foncées, il est très difficile de venir à bout de certaines couleurs, comme le rouge et le jaune ». Pour les plus déterminés, il faudra faire preuve de courage et de patience, parce que détatouage, ça fait mal et ça prend du temps. Le nombre et le prix des séances, eux, varieront en fonction de la couleur et de la taille du tatouage.

« La meilleure des choses à faire, recommande la dermatologue, reste de bien réfléchir avant de franchir le cap ».