Asthme: Un enfant sur deux serait mal diagnostiqué

MEDECINE En omettant de pratiquer l’examen de spirométrie, les médecins passeraient à côté du bon diagnostic. Résultat, des enfants sont soignés inutilement contre l’asthme…

20 Minutes avec agence

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Conjonctivite, asthme et rhinite sont les principaux symptômes des allergies aux pollens d'ambroisie.
Conjonctivite, asthme et rhinite sont les principaux symptômes des allergies aux pollens d'ambroisie. — N.GUYONNET / MDS / 20MINUTES

Des médecins qui rechignent à faire passer l’examen de spirométrie (permettant de quantifier la capacité respiratoire du patient), des parents bien incapables de reconnaître les symptômes de l’asthme chez leurs jeunes enfants ou de juger s’il est utile de consulter un spécialiste… Autant de raisons qui font qu’aujourd’hui 50 % des enfants diagnostiqués comme asthmatiques ne le seraient pas et, à en croire une étude néerlandaise, seraient même traités « inutilement » contre la maladie.

Sur 652 enfants jugés asthmatiques, 349 n’étaient pas malades

Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs ont sélectionné 652 enfants de plus de 6 ans, dont 605 avaient été déclarés asthmatiques. Parmi ce groupe, seuls 105 avaient vu ce diagnostic confirmé par spirométrie et 151 enfants, compte tenu du renouvellement de leur prescription, étaient considérés comme devant « probablement » souffrir de la maladie.

Concernant les 349 enfants restants, soit plus de la moitié, rien n’indiquait qu’ils étaient asthmatiques, précise l’étude publiée ce 1er mars dans le British Medical of General Practice. Ce qui laisse suggérer un fort taux de surdiagnostic.

Il est « assez fréquent que des patients suivent à tort un traitement pour l’asthme »

Cité par France Télévisions, le professeur Michel Aubier, pneumologue à l’hôpital Bichat (Paris) confirme qu’il est « assez fréquent que des patients suivent à tort un traitement pour l’asthme ». Et pour cause, en ne pratiquant pas l’examen de spirométrie jugé fiable, les médecins auraient tendance à se tromper de diagnostic.

 

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Selon le spécialiste, si on constate un surdiagnostic, « il y a également un fort sous-diagnostic de l’asthme, avec des patients qui devraient être traités depuis longtemps, qui viennent consulter car ils ont le souffle court, mais sont en réalité asthmatiques ».

Un constat de sous-diagnostic régulièrement dressé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et confirmé par de nombreuses études épidémiologiques, rappelle France Télévisions. En 2012, une étude menée en France auprès de 7.781 enfants de 9 et 10 ans avait ainsi identifié 903 asthmatiques, dont 41 % pour lesquels aucun diagnostic n’avait encore été posé.