Cancer du côlon: «Un dépistage précoce est crucial»

PREVENTION Moins d'un Français sur trois seulement se fait dépister régulièrement pour le cancer du côlon, qui fait 17.500 morts par an en France...

Anissa Boumediene
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Illustration d'un homme souffrant de maux de ventre.
Illustration d'un homme souffrant de maux de ventre. — CLOSON/ISOPIX/SIPA

« Attention, vous êtes peut-être assis sur un cancer ». C’est, avec une petite touche d’humour, le message d’alerte que tentent de faire passer les gastro-entérologues auprès du grand public à l’occasion du Côlon Day, une journée nationale d’information et de prévention du cancer du côlon, qui se déroule ce mardi 1er mars. Aujourd’hui encore, nombreux sont ceux qui boudent le dépistage de cette maladie meurtrière. Pourtant, cela pourrait sauver de nombreuses vies.

Un dépistage précoce crucial

C’est en effet un véritable fléau : chaque année, 42 000 nouveaux cas de cancer du côlon sont déclarés et 17 500 personnes en perdent la vie, plaçant cette maladie au 3e rang des cancers les plus fréquents et parmi les plus meurtriers. Pourtant, détecté précocement, le cancer du côlon est une maladie que l’on peut prévenir. « Un dépistage précoce est crucial. Lorsqu’il est détecté tôt, le cancer du côlon peut être guéri dans 9 cas sur 10 », explique le Pr Christophe Cellier, chef du service hépato-gastro-entérologie de l’hôpital européen Georges-Pompidou à Paris.

Pour autant, seuls 30 % des Français se font dépister régulièrement. « Les gens savent que ce cancer existe, mais ne se sentent pas concernés », regrette le Pr Cellier, citant une étude OpinionWay menée en décembre 2015 par le Conseil national professionnel d’hépato-gastro-entérologie (CNPHGE).

J-7 avant le #colonday. Que savent les Français du @cancer du #colon ? Tout en images. pic.twitter.com/4tlAmS1n5l
— CNPHGE (@CNPHGE) 19 février 2016

« Pourtant, cette maladie concerne un grand nombre de personnes, hommes et femmes, qui mettent en danger leur santé face à un cancer que l’on peut éviter », insiste le médecin. C’est pourquoi, pour cette nouvelle édition du Côlon Day, « 500 gastro-entérologues dans les hôpitaux, cliniques et cabinets médicaux un peu partout en France ouvrent gratuitement leurs portes ce mardi pour répondre aux questions du grand public et réaliser des diagnostics précoces », rappelle Christophe Cellier.

Un nouveau test plus fiable et moins contraignant

Mais si le dépistage du cancer du côlon est boudé, c’est parce qu’il n’est pas évident de faire la démarche de consulter pour une maladie qui touche à l’intime et qui est donc encore largement taboue. Et aussi parce que le fait de passer par la case coloscopie en dissuade plus d’un : une personne sur quatre interrogées dans le cadre de l’enquête du CNPHGE estime que la coloscopie, préconisée en première intention sur les personnes ayant des facteurs de risques élevés, est un examen contraignant et gênant à réaliser. Pourtant, « la coloscopie réduit les risques de cancer de 70 % à 90 %, souligne le Pr Cellier. Mieux vaut une coloscopie qu’un cancer. »

Pour ceux qui ne présentent pas de risques particuliers, un dépistage de routine peut être réalisé grâce à un nouveau test, plus fiable que les tests précédents et moins contraignant. « Chacun peut faire un test immunologique lui-même, chez soi », indique le gastro-entérologue. Ce test, qui consiste à réaliser un prélèvement dans les selles à envoyer ensuite par courrier à un laboratoire, « permet de rechercher la présence de sang occulte dans les selles » et détecte trois à quatre fois plus de lésions que les tests précédents. « L’intérêt du Côlon Day est de mettre en lumière l’efficacité du dépistage du cancer du côlon, martèle Christophe Cellier. On ne peut pas faire l’économie de dispositifs qui permettent d’éviter ce cancer meurtrier. »