Règles: Cinq idées pour échapper aux tampons toxiques

HYGIENE INTIME « 60 millions de consommateurs » pointe la présence de pesticides dans les tampons hygiéniques. Pas de panique, il existe des alternatives…

Romain Scotto

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Illustration des menstruations féminines.
Illustration des menstruations féminines. — Martin Lee / Rex Featur/REX/SIPA

Des « traces de dioxines », des « résidus de glyphosate » et autres « pesticides ». Les mots font peur surtout quand ils sont associés à l’hygiène intime des femmes. L’Institut national de la consommation (INC) dénonce de nouveau la présence de ces produits dans des tampons hygiéniques, via le magazine 60 Millions de consommateurs. Même si les niveaux relevés « sont faibles », certaines de ces substances sont soupçonnées d’être des perturbateurs endocriniens. En cas de doutes, vous pouvez toujours opter pour d’autres protections. 20 Minutes passe sur la table du gynéco.

La plus classique : Les serviettes hygiéniques

Pourquoi on valide : « C’est la solution la plus simple » pour absorber les flux à la sortie de la vulve, reconnaît Béatrice Guigues, gynécologue et vice-présidente du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Efficaces, hygiéniques, fines et absorbantes, elles présentent l’avantage de ne pas agresser le vagin. Il en existe même des réutilisables sur le marché, à customiser selon vos goûts.

Pourquoi on doute : Il y a déjà l’aspect esthétique. Aussi fine soit-elle, une serviette est toujours plus visible qu’un tampon, ce que certaines femmes regrettent surtout quand elles portent des vêtements moulants. Selon la spécialiste, ce type de protection « peut aussi être irritant quand on marche. » Dernière chose, le risque de trouver des résidus de produits chimiques existe aussi avec les serviettes. Le test de 60 Millions de consommateurs porte principalement sur des marques de tampons. Mais la revue évoque aussi des « protections féminines. »

La plus saine : Le tampon bio

Pourquoi on valide : Vous gardez le coup de main du tampon classique, mais celui-ci est garanti « 100 % naturel, sans OGM, non blanchi au chlore, sans parfum et sans fibres qui se détachent », comme l’assure une marque bien connue. Sur le papier, c’est tout bénef. « Il existe aussi des tampons avec pro biotiques », poursuit Béatrice Guigues qui les prescrit à ses patientes en cas de « mycoses à répétition pour rétablir une flore vaginale équilibrée. »

Pourquoi on doute : La santé n’a pas de prix, certes. Mais celui du tampon bio est en moyenne deux fois plus élevé que le classique. C’est donc votre porte-monnaie qui va saigner pour un résultat parfois contestable. Des résidus de glyphosate, ingrédient chimique utilisé dans les désherbants « ont été trouvés dans des protège-slips d’une marque qui se revendique pourtant bio », déplore l’INC.

La plus novatrice : La coupe menstruelle

Pourquoi on valide : C’est l’accessoire phare des patientes « écolos », témoigne David Elia, gynécologue à Paris qui lui accorde « un succès grandissant ». La « cupule » peut se conserver plusieurs mois (pas dans le vagin, hein) en étant régulièrement lavée, voire stérilisée dans l’eau bouillante.

Pourquoi on doute : Un temps d’adaptation est forcément nécessaire pour trouver la bonne taille, apprendre à bien la positionner sur le col et les parois vaginales afin que le sang ne coule pas à côté. L’adopter, c’est aussi maîtriser parfaitement son corps : « Les personnes qui n’ont pas envie de s’explorer vont avoir du mal », poursuit le docteur Guigues. Dernier souci, aucune étude scientifique n’indique sur le long terme quel risque présente cet outil en termes de toxicité. « Ça fait quoi de garder du sang 5 ou 6h à 37 degrés dans le vagin ? On ne sait pas. Je me pose des questions comme tous les gynécologues. Je voudrais savoir si ça n’a pas de conséquence pathologique en termes infectieux », glisse le docteur Elia.

La plus ancestrale : L’éponge menstruelle

Pourquoi on valide : C’est grosso modo le tampon du Moyen Âge puisqu’on parle bien d’une éponge naturelle tout droit sortie de l’océan. On est donc à peu près sûr qu’il n’y a pas de résidus de Round Up dessus. Les sites spécialisés précisent que les éponges absorbent le flux sans dessécher ni irriter le vagin.

Pourquoi on doute : Voici une protection sans ficelle et à la rigidité extrêmement faible. Autant vous dire qu’en cas de problème, la récupération de l’éponge peut nécessiter le déclenchement du plan Orsec. Et encore une fois, aucune étude scientifique ne valide le procédé.

La plus insensée : Le flux instinctif

Pourquoi on valide : Cette fois, il n’y a plus rien ni dans vagin ni dans la culotte. L’idée consiste à retenir ses règles toute la journée et de relâcher le flux une fois aux toilettes. Aussi absurde et radicale soit-elle, cette technique permet au moins d’éviter tout risque de choc toxique, cette septicémie provoquée notamment par un mauvais usage du tampon.

Pourquoi on doute : Physiquement, il semble impossible de maîtriser un flux sanguin naturel. « Je ne vois pas comment on peut retenir les règles en serrant les muscles périnéaux, s’interroge le docteur Guigues. On n’a jamais parlé de ça dans nos sociétés savantes, on n’a jamais eu ce genre de discussions. Ça ne part pas du domaine médical. » Le docteur Elia semble tout aussi sceptique : « Si on vous fait un trou dans le doigt, il va saigner. Vous ne pouvez pas contrôler le flux. Et bien c’est pareil pour les règles. » A moins d’être fakir professionnel.