Emploi: Un cadre vit en moyenne 6,4 ans de plus qu'un ouvrier

ETUDE Une étude de l'Insee publiée jeudi croise, pour la première fois, les données sur l’espérance de vie et le niveau de diplôme...

20 Minutes avec agence

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Les cadres sont aujourd'hui plus des experts que des managers
Les cadres sont aujourd'hui plus des experts que des managers — FLORIAN DAVID AFP

L’espérance de vie a progressé en France depuis la fin des années 1970, toutes catégories de population confondues. Cependant, les écarts entre catégories professionnelles se sont, eux, maintenus, selon les chiffres de l’Institut national de la statistique (Insee) publiés jeudi.

Les femmes vivent toujours plus longtemps que les hommes

Selon cette étude, qui croise, pour la première fois, les données sur l’espérance de vie et le niveau de diplôme, un homme cadre de 35 ans a aujourd’hui une espérance de vie supérieure de 6,4 ans à celle d’un ouvrier du même âge. En 1976-1984, l’écart était de 6 ans, soit sensiblement le même.

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Une femme ouvrière de 35 ans a une espérance de vie plus courte que celle d’une femme cadre du même âge. L’écart est cependant moindre que pour leurs homologues masculins : 3 ans, au lieu d’un peu plus de 6 ans.

 Enfin, les femmes, quelles soient ouvrières ou cadres, vivent toujours plus longtemps que les hommes (6 ans de plus en moyenne).

Un homme diplômé vit en moyenne 7,5 ans de plus qu'un homme sans diplôme

Pour les hommes, il existe également une gradation : plus le diplôme est élevé, plus l’espérance de vie l’est. Ainsi, à 35 ans, un homme diplômé du supérieur peut espérer vivre en moyenne 1,8 an de plus qu’un bachelier ; 3,5 ans de plus qu’un titulaire d’un CAP ou d’un BEP ; 4,6 ans qu’un diplômé du brevet ou du certificat d’études et 7,5 ans qu’un homme sans diplôme.

Pour les femmes, l’écart d’espérance de vie est net entre celles qui ont un diplôme et celles qui n’en ont pas (4,2 ans) ; en revanche, parmi les diplômées, la gradation est peu marquée selon le niveau de diplôme obtenu.

Conditions de vie et risques professionnels

« Les cadres sont moins soumis aux risques professionnels (accidents, maladies, expositions à des produits toxiques, etc.) que les ouvriers », explique l’Insee. Reste que des facteurs, liés au milieu social, creusent également l’écart : les conditions de vie pendant l’enfance diffèrent d’un milieu à un autre et « le groupe social » des cadres a un mode de vie plus favorable à la santé que celui des ouvriers (moindre consommation d’alcool et de tabac, meilleur accès aux soins, moindre incidence de l’obésité, etc).

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Une santé défaillante peut également avoir une incidence directe sur l’accès à une catégorie sociale. Une maladie « peut empêcher la poursuite d’études, le maintien en emploi ou rendre plus difficiles les promotions et l’accès aux emplois les plus qualifiés en cours de carrière », note ainsi l’Insee.