Suicide à l’hôpital Georges-Pompidou: L'Inspection générale des affaires sociales saisie

SANTE Après le suicide du Pr Jean-Louis Megnien, la question sur le harcèlement dans le milieu médical a été relancée...

20 Minutes avec AFP

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Un homme patiente sur un brancard au service des Urgences de l'hôpital Beaujon de l'Assistance Public des Hôpitaux de Paris (APHP) le 21 Octobre 2008 à Clichy.
Un homme patiente sur un brancard au service des Urgences de l'hôpital Beaujon de l'Assistance Public des Hôpitaux de Paris (APHP) le 21 Octobre 2008 à Clichy. — MARTIN BUREAU / AFP

L’Inspection générale des affaires sociales (Igas) a été saisie ce jeudi à l’issue d’une enquête sur le suicide en décembre d’un cardiologue de l’hôpital Georges-Pompidou, a annoncé Marisol Touraine.

Dès janvier, la commission dirigée par la direction de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris avait estimé que le suicide du Professeur Jean-Louis Mégnien sur son lieu de travail révélait des « dysfonctionnements ». La ministre de la Santé s’était alors engagée à saisir l’Igas après la remise du rapport définitif, remis ce jeudi.

Plusieurs signaux d’alerte non pris en compte

L’Igas sera chargée « d’analyser, à la lumière des intéressantes préconisations de ce rapport, les conclusions à tirer des causes de ce drame et formuler des recommandations pour améliorer, au sein de cet établissement et dans l’ensemble des établissements hospitaliers, la détection et la prévention des risques psycho-sociaux, y compris des personnels hospitalo-universitaires », précise le ministère. Elle devra rendre ses conclusions dans un délai de deux mois.

Le rapport de la commission interne souligne que « la souffrance (du Professeur Mégnien) a été révélée par plusieurs alertes qui n’ont pas été prises en compte de façon appropriée ».

Victime de harcèlement de la part de sa hiérarchie

La réponse apportée « s’est limitée à la recherche d’une solution au conflit. Aucun entretien n’a été proposé au Professeur Mégnien, les médecines du travail universitaire et hospitalière n’ont pas été sollicitées et aucun contact n’a été établi par la suite avec l’université en vue de faire appel à un médecin agréé ou à un comité médical », relève le rapport.

Victime, selon ses proches, de harcèlement de la part de sa hiérarchie, le professeur Mégnien, âgé de 54 ans, s’était défenestré le 17 décembre du 7e étage de l’hôpital, alors qu’il était revenu depuis quelques jours de neuf mois d’arrêt maladie. Son épouse a déposé une plainte auprès du parquet de Paris qui a ouvert une enquête préliminaire pour « harcèlement moral ».

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Quelques jours après son décès, ses amis avaient déploré l’absence de réponse de la direction à un courriel envoyé un an plus tôt par un collègue, la prévenant de l’état psychologique du médecin.