Cancers: Le sexe oral, une pratique à risque pour les hommes?

ETUDE Alors que le nombre de cancers oropharyngés augmente, il s’avérerait que les hommes qui pratiquent le sexe oral soient plus sensibles à ces maladies…

20 Minutes avec agence

— 

Illustration d'un couple au lit.
Illustration d'un couple au lit. — PULSE/SIPA

Les hommes seraient plus largement vulnérables au virus HPV16 (papillomavirus humain). Ce virus transmis par la fellation ou le cunnilingus est à l’origine, entre autres, des cancers de la bouche et de la gorge (cancers oropharyngés).

Ces hommes, plus souvent de type caucasien et d’âge moyen, auraient même jusqu’à deux fois plus de risque que les femmes de développer ces cancers, surtout si, facteur aggravant chez les hommes mais pas chez les femmes, ils multiplient les partenaires avec lesquels ils pratiquent le sexe oral.

>> A lire aussi: Michael Douglas accuse le sexe d’être à l’origine de son cancer

De la différence entre les systèmes immunitaires 

Tel est le constat d’une étude conduite par les chercheurs de l’université Johns Hopkins (Maryland, Etats-Unis), et présentée la semaine dernière lors de la réunion annuelle de l’Association américaine pour l’avancée des sciences (AAAS).

Selon ces travaux, qui révèlent d’ailleurs que le nombre de cancers oropharyngés a considérablement augmenté en 20 ans (+ 225 %), l’inégalité hommes-femmes devant l’infection au papillomavirus, qui mène au cancer dans 22 % des cas, viendrait de différences entre les systèmes immunitaires.

Les hommes mettent plus de temps à « évacuer » le virus

La forte réaction immunitaire des femmes lors d’une première exposition au virus HPV16 les protégerait par la suite, y compris lors de relations sexuelles bucco-génitales. A l’inverse, les hommes « s’exposent à plus de risques que les femmes de contracter le virus, mais ils mettent aussi beaucoup plus de temps à "l’évacuer", car leur réponse immunitaire est beaucoup plus faible », explique le professeur Gypsyamber D’Souza, qui a dirigé cette étude.

Le HPV ne déclenche pas directement les mutations responsables de la tumeur, mais provoque des changements dans les cellules qu’il infecte dans la gorge ou le col de l’utérus et qui deviennent cancéreuses.