Grossesse: Comment éviter les produits toxiques quand on est enceinte

SANTE Tout juste sorti en librairie, «Le guide anti-toxique de la grossesse» liste les produits du quotidien qui peuvent être dangereux pour l'enfant à naître...

Anissa Boumediene

— 

Illustration d'une femme enceinte
Illustration d'une femme enceinte — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Joie, stress, inquiétude et souci de bien faire : la grossesse est une période particulière, durant laquelle les futurs parents se posent de nombreuses questions pour préparer au mieux la venue de leur enfant à naître et lui assurer un environnement sain. Sans toujours être capable d’identifier la toxicité de ce qui les entoure au quotidien. Avec Le guide anti-toxique de la grossesse*, le Dr Laurent Chevallier, médecin nutritionniste en maternité, et Claude Aubert, ingénieur agronome pionnier du bio et de la vie saine, livrent des conseils pratiques pour chasser les produits toxiques au milieu desquels on vit.

Une période de vulnérabilité extrême

« La période fœtale est une période de vulnérabilité extrême, explique le Dr Laurent Chevallier. Le placenta est capable de filtrer un certain nombre de substances, de médicaments et de bactéries, mais il ne peut pas retenir tous les toxiques ». Or de nombreuses études pointent l’origine fœtale de certaines maladies. « L’exposition à des substances toxiques peut entraîner des maladies qui se manifesteront des années après la naissance du bébé. Des cas de puberté précoce, de cancer et d’infertilité ont été relevés », précise-t-il.

Bien sûr, « les ennemis publics numéro un restent l’alcool et le tabac », insiste le médecin. Or 21 % des femmes fument au début de leur grossesse et chaque année, ce sont 150.000 enfants qui viennent au monde intoxiqués in utero. Mais beaucoup d’autres substances sont également dangereuses. « De nombreuses femmes n’ont pas conscience de la toxicité de ce qui les entoure au quotidien et de l’impact que cela peut avoir sur la santé de leur bébé à naître. L’objectif de ce livre n’est pas d’inquiéter, mais de favoriser la prise de conscience et d’offrir des réponses concrètes aux questions que peuvent se poser les femmes enceintes. Car s’il y a un moment où il faut faire attention à cette problématique, c’est bien durant la grossesse », martèle Laurent Chevallier.

Attention aux cosmétiques

Mais éviter ces substances potentiellement toxiques n’est pas chose aisée. Elles sont quasiment partout, notamment dans la salle de bains. « Les cosmétiques et produits d’hygiène contiennent de nombreuses substances chimiques, des conservateurs et des perturbateurs endocriniens, qui peuvent avoir des répercussions sur l’embryon », avertit le médecin, qui déplore l’absence de recommandations adressées aux femmes enceintes. « La peau n’est pas imperméable, certaines substances chimiques présentes dans ces produits peuvent passer dans le sang de la mère et atteindre le fœtus ».

De quoi être alerté quand on sait que 74 % des vernis à ongles, 71 % des fonds de teints et 40 % des rouges à lèvres contiennent des perturbateurs endocriniens. « Il vaut mieux cesser de se maquiller durant la grossesse, ou, a minima, opter pour des cosmétiques adaptés et certifiés par des labels bio », prescrit le Dr Chevallier. Très prisés des femmes enceintes, les soins antivergetures ne doivent pas non plus être choisis à la légère. « Les crèmes antivergetures contiennent des émulsifiants et des conservateurs. Privilégier les soins sous forme d’huiles végétales est plus sain », recommande Laurent Chevallier.

Privilégier le bio et les produits naturels

Chasser les produits toxiques pendant la grossesse, ça se passe aussi dans l’assiette. « Il n’y a pas de secret, le bio est ce qu’il y a de plus sûr, surtout pour les fruits et légumes, afin d’éviter les résidus de pesticides », rappelle le médecin nutritionniste. Le credo : moins c’est transformé, mieux c’est. Oubliés donc les plats cuisinés et les sodas light ou sucrés, tous bourrés d’additifs.

Et côté tâches ménagères, produits naturels et recettes de grands-mères sont de rigueur. « Les produits ménagers et autres désodorisants contiennent énormément de substances toxiques potentiellement dangereuses et cancérogènes », prévient le Dr Chevallier, pointant une étude de l’Inserm selon laquelle les femmes de ménage ont plus de risques d’avoir des enfants prématurés.

Or quelques ingrédients naturels permettent d’avoir une maison propre et saine : « du savon noir pour nettoyer les sols, du vinaigre blanc pour les vitres et du véritable savon de Marseille et du bicarbonate de soude pour le reste », résume le médecin. « On ne peut pas éviter toutes les substances toxiques et la pollution extérieure, concède Laurent Chevallier. Mais en se prenant en main, on peut vraiment assainir son environnement quotidien ».

*Le guide anti-toxique de la grossesse, par le Dr Laurent Chevallier, avec Claude Aubert, paru en février 2016 aux Editions Marabout (17,90 euros).