La dépression? C'est la faute des Néandertaliens

SANTE Enfin plus particulièrement de leurs gènes, dont on a hérité après plusieurs croisements...

20 Minutes avec AFP

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Le cerveau de l'homme de Neandertal et celui de l'homme moderne, similaires à la naissance, avaient un développement très différent dès la première année de la vie, selon une étude qui dément l'idée selon laquelle les deux espèces avaient des capacités mentales comparables.
Le cerveau de l'homme de Neandertal et celui de l'homme moderne, similaires à la naissance, avaient un développement très différent dès la première année de la vie, selon une étude qui dément l'idée selon laquelle les deux espèces avaient des capacités mentales comparables. — Sebastian Willnow/Archives DDP/AFP

Ne cherchez plus : la dépression est notamment due aux gènes hérités de l’homme de Neandertal par des croisements avec ce cousin éteint des humains, avance une recherche publiée ce jeudi. Ces gènes seraient aussi à l’origine des allergies ou des dérèglements du métabolisme. Depuis 2010 les scientifiques savent que les populations d’origine eurasienne ont de 1 à 4 % de gènes hérité de l’homme de Neandertal disparu il y a environ 30.000 ans après avoir co-existé avec les humains modernes, venus d’Afrique plusieurs milliers d’années.

135.000 variations génétiques

Cette recherche, parue dans la revue américaine Science, a pour la première fois comparé directement de l’ADN de Néandertalien dans des génomes de 28.000 adultes de descendance européenne avec leurs dossiers médicaux, confirmant que cet héritage génétique archaïque a des effets non négligeables sur la biologie des humains modernes.

« Notre conclusion c’est que l’ADN des Néandertaliens influence les traits cliniques des hommes d’aujourd’hui », explique John Capra professeur adjoint de biologie à l’université Vanderbilt (Tennessee, sud-est), principal auteur de cette recherche. « Nous avons ainsi découvert une relation entre l’ADN de Néandertalien et un large éventail de traits immunologiques, dermatologiques, neurologiques, psychiatriques ainsi qu’avec des maladies du système reproductif », précise-t-il.

Et aussi pour l’addiction à la nicotine

Ces chercheurs ont établi avec un degré élevé de certitude que l’ADN des humains modernes contenait plus de 135.000 variantes génétiques provenant des Néandertaliens. Ils ont ensuite déterminé les liens entre ces variantes et des maladies et découvert que certaines de ces variations génétiques néandertaliennes étaient étroitement liées à un risque accru de douze maladies dont la dépression, l’infarctus du myocarde et des troubles sanguins.

Les chercheurs ont aussi été surpris de découvrir que certains de ces gènes des Néandertaliens accroissaient le risque d’accoutumance à la nicotine. Cette découverte laisse penser que ces traits génétiques transmis par les Néandertaliens aux humains pourraient avoir conféré à ces derniers une adaptation à leur nouvel environnement peu après leur arrivée d’Afrique en Eurasie il y a 40.000 ans.