Bientôt un traitement efficace (et français) contre la pelade?

SANTE Cette maladie qui provoque la chute des cheveux provient d’une défaillance du système immunitaire…

A.Ch.

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Une calvitie avancée.
Une calvitie avancée. — REUTERS/I.WALDIE

Ils sont 80.000 Français à souffrir de la pelade. Cette maladie, qui touche aussi bien les hommes que les femmes, frappe dans 60 % des cas avant l’âge de 20 ans. Et elle a des répercussions psychologiques terribles : perdre massivement ses cheveux à l’adolescence est une épreuve difficile à surmonter. Un espoir pour les malades pourrait venir du CHU de Nice, qui développe un protocole thérapeutique permettant de soigner cette maladie qui n’est pas uniquement liée au stress mais à un dérèglement du système immunitaire, rapporte Le Figaro.

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Augmenter la tolérance du système immunitaire

La pelade serait en effet causée par une erreur du système immunitaire qui identifie les follicules pileux comme des ennemis à détruire. Les médicaments utilisés actuellement sont des immunosuppresseurs, qui réduisent l’activité du système immunitaire. Mais ces traitements ne sont pas toujours efficaces pour les pelades sévères, qui touchent la quasi-totalité du crâne.

L’équipe de Thierry Passeron, professeur de dermatologie à l’université de Nice, a mis au point un nouveau traitement basé sur une molécule que les médecins utilisent d’ordinaire dans des traitements anti-cancéreux. Cette molécule, l’interleukine 2, est capable de stimuler les lymphocytes T régulateurs, des cellules produites dans la moelle osseuse qui jouent un rôle important dans le maintien du système immunitaire. Une fois stimulés par l’interleukine, ces lymphocytes sont capables de donner l’ordre au système immunitaire de ne plus attaquer les poils et les cheveux.

Un essai clinique sur 80 malades

Une étude pilote réalisée en 2013 sur cinq malades a eu des résultats très positifs. « Quatre d’entre eux ont eu une repousse partielle des cheveux et des poils, voire totale pour certaines. Deux ans plus tard, il n’y a pas eu de récidive et la repousse s’est poursuivie chez deux des patientes, ce qui montre que cette approche peut avoir des effets prolongés », explique le professeur Passeron au Figaro. Le seul effet secondaire constaté pour le moment est une grippe transitoire. Un nouvel essai clinique va maintenant avoir lieu sur 80 patients dans 5 villes (Nice, Paris, Montpellier, Marseille et Nîmes).