Trois ans après le scandale de la viande de cheval, l'origine des viandes toujours aussi opaque

ALIMENTATION L'association UFC-Que-Choisir s'est penchée sur l'origine des produits transformés à base de viande... 

H.S.

— 

Dans un supermarché de Mont-de-Marsan (Landes), un jeune agriculteur installe des rubans «viande de nulle part», le 21 juillet 2015.
Dans un supermarché de Mont-de-Marsan (Landes), un jeune agriculteur installe des rubans «viande de nulle part», le 21 juillet 2015. — AFP

Des traces de viande de cheval retrouvées dans des plats préparés, des hamburgers, des lasagnes… Le scandale qui a éclaté en janvier 2013 a permis aux consommateurs de mesurer l’opacité des pratiques du secteur agroalimentaire. Où en est-on aujourd’hui ? C’est ce qu’a tenté de déterminer l’association UFC-Que Choisir à travers une nouvelle enquête intitulée « Indication de l’origine des viandes dans les produits transformés à base de bœuf, de porc et de poulet ». Et le résultat est consternant.

Dans le communiqué publié ce lundi, l’association explique avoir « passé à la loupe, en (…) les étiquetages de 245 aliments de consommation courante (2) à base de viande de bœuf, de porc et de poulet pour 13 grandes marques nationales et 7 enseignes de la grande distribution ». Sur cet échantillon, plus de la moitié des produits n’indiquent pas la provenance du produit. L’absence d’étiquetage et le recours au « made in France » parfois abusif des enseignes sont également pointés du doigt.

L’opacité et les pratiques douteuses diffèrent en fonction de la typologie de produit, le bœuf étant le plus « réglementaire » par rapport au poulet ou au porc. Des disparités importantes existent entre les marques. Le Gaulois, Charal et Marie sont les « bons élèves » de l’échantillon étudié, en revanche Dalina, Père Dodu et Sodebo n’estiment jamais nécessaire d’indiquer l’origine de leurs produits.

La question de la traçabilité peine à être régulé par les institutions politiques européennes. Selon une dernière étude de l’Association nationale de défense des consommateurs et usagers (CLCV), près de 80 % des Français veulent connaître l’origine de leurs produits.