Quels sont les troubles sexuels les plus fréquents chez les hommes?

SEXUALITE Ces maux sont encore sous diagnostiqués et sous traités...

Delphine Bancaud

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Les patients souffrant de troubles sexuels  ont tendance à réduire la fréquence de leurs rapports sexuels.
Les patients souffrant de troubles sexuels ont tendance à réduire la fréquence de leurs rapports sexuels. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

C’est une douleur souvent indicible pour les hommes et qui peut leur gâcher la vie. Les troubles sexuels masculins sont loin d’être un épiphénomène comme le souligne l’étude Emoi* réalisée par les laboratoires Menarini France, rendue publique ce mercredi. 20 Minutes décortique ces maux qui restent encore tellement tabous.

L’éjaculation précoce, le trouble le plus fréquent

Il s’agit d’une rapidité persistante ou répétée de l’éjaculation, que l’homme ne parvient pas à contrôler. Un homme sur cinq est concerné par ce trouble sexuel et il n’y a pas d’âge pour en souffrir. Les médecins distinguent deux types d’éjaculation précoce : primaire (soit les 2/3 des cas) ou secondaire (1/3 des cas). L’éjaculation précoce est qualifiée de primaire lorsqu’elle est quasi systématique depuis le début de la vie sexuelle. Elle survient avant ou juste au moment de la pénétration. L’éjaculation précoce est dite secondaire lorsqu’elle se produit après une période de relations sexuelles sans difficultés. Elle peut être due à l’anxiété de la performance, à des problèmes psychologiques, à une dysfonction érectile, à une hyperthyroïdie ou à l’arrêt de médicaments addictifs.

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Le dysfonctionnement érectile, un mal qui s’accentue avec l’âge

Il s’agit de « l’incapacité persistante d’obtenir ou de maintenir une érection suffisante pour permettre une relation sexuelle satisfaisante ». Un trouble sexuel courant puisqu’il touche environ 1 homme adulte sur 10 et même près d’un quart des hommes après 50 ans. Et l’avenir n’apporte pas de bonnes nouvelles puisqu’avec le vieillissement de la population française, le nombre de personnes souffrant de ce trouble pourrait doubler dans les 25 ans. Parmi les facteurs qui prédisposent les hommes à développer un dysfonctionnement érectile figure l’âge, les problèmes vasculaires, les dérèglements hormonaux et les troubles neurologiques. Certains traitements médicaux peuvent aussi avoir des incidences sur la qualité de l’érection.

Des troubles qui restent sous diagnostiqués et sous traités

Selon l’étude Emoi, les 2/3 des hommes souffrants d’une éjaculation précoce ne consultent pas en pensant que leur problème « s’arrangera tout seul ». Mais 62 % des personnes qui ne consultent pas expliquent aussi qu’ils ont honte et 54 % délcarent ne pas l’avoir fair parce qu’ils ne connaissaient pas l’existence de solutions médicales pour traiter leur problème. Le même phénomène s’observe aussi concernant les troubles de l’érection.

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Des maux aux conséquences douloureuses

L’impact sur le bien être psychologique et social des hommes qui souffrent de ces troubles sexuels est important. Au total, 48 % des patients de l’étude Emoi indiquent éprouver un sentiment d’échec, 47 % se sentent frustrés, 37 % se disent inquiets pour leur avenir sexuel. Et 37 % déclarent aussi être sujets à des troubles de l’humeur (contre 11 % dans la population générale) et 26 % à des insomnies (contre 12 % dans le reste de la population) ; ils ont tendance à consommer aussi davantage de tabac ou d’alcool que les autres français. Une souffrance qui n’épargne pas non plus leurs partenaires : selon l’étude Emoi, plus d’une femme sur deux dont le partenaire est éjaculateur précoce, déclare que l’orgasme est très difficile à atteindre, voire totalement absent. Au final, les troubles sexuels sont parfois un motif de rupture ou de divorce (29 % pour hommes souffrants de dysfonction érectile et 22 % pour les éjaculateurs précoces).

*L’étude Emoi a été réalisée sur 575 patients souffrant d’éjaculation précoce (et de 290 partenaires) recrutés par 120 sexologues ou urologues entre octobre 2013 et avril 2014.