Inde: Le test prénatal de détection du sexe de l'enfant bientôt obligatoire?

POLITIQUE Alors que ces tests sont interdits, une ministre estime, elle, qu’ils permettront un meilleur suivi des grossesses et, donc, une diminution des fœticides féminins…

20 Minutes avec agences

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Une échographie d'un foetus, environ cinq mois après la conception
Une échographie d'un foetus, environ cinq mois après la conception — Didier Pallages AFP

Afin de réduire le haut niveau de fœticides féminins en Inde, la ministre indienne des Femmes et du Développement de l’Enfance, Maneka Gandhi, a proposé, ce lundi soir, de rendre obligatoire les tests prénataux de détection du sexe de l’enfant à naître.

Ces tests de détection du sexe de l’enfant sont officiellement interdits en Inde, une réglementation destinée à éviter les avortements de fœtus féminins, par des parents ne voulant qu’un garçon. Ainsi, parents et médecins risquent jusqu’à cinq ans de prison s’ils demandent le sexe de l’enfant ou font un test prénatal.

« Savoir si elle a accouché ou non et ce qui s’est passé »

Cependant, la ministre estime, elle, qu’il serait plus efficace de connaître le sexe du fœtus dès le début de la grossesse et de suivre ensuite attentivement son déroulement. « Chaque femme enceinte devrait obligatoirement savoir s’il s’agit d’un garçon ou d’une fille. Toute femme enceinte devrait être enregistrée et on pourrait ainsi la suivre jusqu’au bout, savoir si elle a accouché ou non et ce qui s’est passé », a ainsi lancé Maneka Gandhi, lors d’un discours prononcé à Jaipur (ouest).

Ce mardi, le ministère a précisé que les propos de Maneka Gandhi, belle-soeur de la dirigeante de l’opposition Sonia Gandhi, étaient une invitation à ouvrir un débat et qu’aucun changement de loi concret n’était à l’étude.

« Cela pourrait même aggraver la situation »

Un changement qui n’est, de toutes les façons pas, du goût des défenseurs des droits des femmes qui estiment que modifier la législation serait une « erreur » et accentuerait la « pression des familles sur les femmes » pour éviter la naissance de filles. « Cela pourrait même aggraver la situation », a ainsi alerté Ranjana Kumari, directeur du Centre for Social Research.

The All India Democratic Women’s Association (AIDWA), groupe de défense des droits des femmes, a jugé, de son côté, la proposition « choquante » et destinée à dégager les médecins de toute responsabilité.

12 millions de fœtus féminins avortés au cours des 30 dernières années

L’Inde, où la campagne Twitter #SelfieWithDaughter encourageant les parents à poster des photos d’eux avec leur fille cartonne, comptait 940 femmes pour 1.000 hommes, selon le dernier recensement publié en 2011, contre 933 en 2001.

 

 

Reste que selon une étude de 2011 publiée par la revue britannique The Lancet, quelque 12 millions de fœtus féminins auraient été avortés au cours des 30 dernières années.