Les cigarettes électroniques à l'origine d'irritations de la gorge et des yeux ?

ETUDE 74 % cigarettes électroniques diffusent du benzaldéhyde, une molécule qui irrite les voies respiratoires...

20 Minutes avec agence

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Exposition dans un magasin de cigarettes électroniques avec différents arômes
Exposition dans un magasin de cigarettes électroniques avec différents arômes — Spencer Platt Getty

La cigarette électronique fait un tabac, et avec son succès se sont multipliées les études portant sur sa dangerosité. Difficile au final de savoir si l’e-cigarette est moins ou plus nocive que le tabac, ou si les substances chimiques qu’elle contient sont bel et bien dangereuses pour la santé.

Pour y voir plus clair, des chercheurs américains (Roswell Park Cancer Institute) et polonais (université de Silésie) se sont penchés sur 145 liquides aromatisés différents. Mais surtout sur la présence du fameux benzaldéhyde. Un benzaldéhyde qui est largement utilisé dans l’alimentation et la cosmétique sans effets secondaires notables, mais qui, inhalé, est toutefois connu pour être à l’origine d’irritations de la gorge et des yeux.

Des complications chez les personnes souffrant de maladies respiratoires

Les résultats de cette étude, publiés la semaine dernière dans la revue médicale en ligne Thorax, sont sans appel : le benzaldéhyde entre dans la composition de 74 % de ces liquides aromatisés. Bilan : les cigarettes pourraient sérieusement provoquer des irritations de la gorge ou des yeux, mais aussi des complications chez les personnes souffrant de maladies respiratoires.

>> A lire : E-cigarette : Des progrès mais gare à certains arômes

Une haute concentration en benzaldéhyde dans l’arôme cerise

Ainsi les chercheurs ont-ils calculé que les doses de benzaldéhyde inhalées avec 30 bouffées de cigarette électronique aromatisée étaient souvent supérieures à celles inhalées à partir d’une seule cigarette traditionnelle. Enfin, il s’avère que l’arôme cerise est champion en la matière puisque la concentration en benzaldéhyde y est 50 fois supérieure à celle du parfum « tabac » et 100 fois supérieure à celle de l’arôme thé ou café.

Les scientifiques préconisent donc aux médecins de demander systématiquement à leurs patients, notamment ceux souffrant de maladies respiratoires, s’ils consomment des vapoteuses aromatisées. Ceci pour les alerter des dangers des e-cigarettes sur leur santé. « Si les consommateurs remarquent une irritation, peut-être une toux ou des maux de gorge quand ils utilisent des e-cigarettes, ils pourraient envisager de passer à un arôme différent », note ainsi Maciej Goniewicz, auteur de l’étude.