Encore 2,6 millions de nourrissons naissent sans vie chaque année

RAPPORT Selon plusieurs études menées par plus de 200 experts, beaucoup de ces décès pourraient être évités grâce à un meilleur suivi des grossesses...

20 Minutes avec agences

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Illustration maternité
Illustration maternité — JAUBERT/SIPA

Le taux de bébés mort-nés a diminué de 2 % par an entre 2000 et 2015, l’an dernier, cependant, quelque 2,6 millions de nourrissons nés sans vie ont encore été enregistrés. Ainsi, près de 7.200 bébés mort-nés sont dénombrés chaque jour dans le monde.

1,3 million de mort-nés pendant laccouchement

« Sur les 2,6 millions de mort-nés, la moitié des décès se produit au cours de l’accouchement », note la revue médicale britannique The Lancet, qui présente ce mardi les conclusions des recherches menées par plus de 200 experts œuvrant dans 43 pays et sous la tutelle de l’Ecole de médecine tropicale et d’hygiène de Londres.

« Il y a un chiffre vraiment terrifiant : 1,3 million de mort-nés pendant l’accouchement. L’idée qu’un enfant, vivant au début du travail, meure au cours des heures suivantes pour des raisons complètement évitables devrait être considérée comme un scandale sanitaire. Pour l’heure, il n’en est rien », déplore ainsi Richard Horton, rédacteur en chef de la revue qui lance une campagne pour briser l’omerta sur ces décès tragiques et évitables.

 

Prééclampsie, tabac, obésité, cancer et âge des mères

On considère un enfant mort-né lorsque le fœtus meurt entre le dernier trimestre de grossesse (après 28 semaines de gestation) et la fin de l’accouchement. Et d’après les données recueillies dans 18 pays, les anomalies congénitales n’expliqueraient que 7,4 % des mort-nés, « dissipant le mythe selon lequel les mort-nés sont inévitables ».

Les chercheurs notent ainsi que de nombreuses pathologies intervenant dans le décès des nourrissons à la naissance pourraient être traitées, à l’instar des infections maternelles (comme le paludisme et la syphilis responsables respectivement de 8 % et 7,7 % des mort-nés).

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Les facteurs liés au mode de vie ou à l’alimentation (obésité, tabac, etc.), les maladies non infectieuses (comme le diabète, les cancers ou les problèmes cardiovasculaires) sont responsables de ces décès dans environ 10 % des cas chacun. L’âge des mères (plus de 35 ans) intervient dans 6,7 % des cas.

La prééclampsie et l’éclampsie (tension anormalement élevée pendant la grossesse) contribuent ensemble à 4,7 % des mort-nés et les grossesses prolongées (après la date du terme) à 14 %.

98 % des mort-nés sont recensés dans les pays à faibles ou moyens revenus

Enfin, selon cette vaste méta-étude, une meilleure éducation, une réduction de la pauvreté ainsi qu’un meilleur accès aux soins avec un suivi pendant la grossesse pourraient ainsi réduire le nombre de mort-nés.

Une conclusion qui découle d’un autre chiffre alarmant : 98 % des mort-nés sont recensés dans les pays à faibles ou moyens revenus. Ainsi, au niveau mondial, l’Islande est le pays au plus faible taux (1,3 pour 1.000 naissances), alors qu’en queue de classement, on retrouve le Pakistan et ses 43,1 mort-nés pour 1.000 naissances.

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« Les pays d’Afrique subsaharienne ont le taux le plus élevé de mort-nés et ce sont eux qui enregistrent la diminution la plus lente, en particulier, dans les pays en conflit ou en état d’urgence », commente le professeur britannique Joy Lawn. Au rythme actuel, « plus de 160 années » se seront écoulées avant qu’une femme enceinte de cette région ait les mêmes chances de mettre au monde un enfant vivant qu’une femme d’un pays à revenu élevé.