Vaccination: Retour sur cinq polémiques qui ont semé le doute chez les patients

CONTROVERSES Depuis plus de trente ans, les vaccins font régulièrement la Une des médias, en raison des doutes qu’ils suscitent…  

Delphine Bancaud

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Les Français boycottent certains vaccins
Les Français boycottent certains vaccins — FRANCES M. ROBERTS/NEWSCOM/SIPA

Combattre la défiance des Français vis-à-vis des vaccins. La ministre de la Santé, Marisol Touraine a annoncé mardi une « grande concertation citoyenne sur la vaccination » en 2016, qui pourrait déboucher sur une évolution de la politique vaccinale. 20 Minutes revient sur les principales polémiques qui ont alimenté les doutes des Français à l’égard des vaccins ces dernières années.

Années 90 : Le vaccin contre l’hépatite B mis en doute

En 1994, une vaste campagne est lancée par le gouvernement visant à vacciner plus de 20 millions de Français contre l’hépatite B, un virus qui entraîne des cirrhoses ou des cancers du foie. Mais l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé reçoit des signalements d’effets indésirables concernant le vaccin. On s’interroge sur le lien entre le vaccin et l’apparition de certaines maladies neurologiques, dont des scléroses en plaques. Une association de victimes du vaccin contre l’hépatite B est même créée en 1997 et des plaintes sont déposées.

En 1998, Bernard Kouchner suspend la vaccination systématique dans les collèges, ce qui relance les doutes. Et plusieurs affaires judiciaires sont retentissantes. En 2009, le laboratoire GSK est condamné à verser 400.000 euros à une femme atteinte de sclérose en plaques, après avoir été vaccinée contre l’hépatite B. En 2014, l’Etat est aussi condamné à verser 2,4 millions d’euros à une infirmière ayant développé une sclérose en plaques peu après sa vaccination contre l’hépatite B. Mais les chercheurs n’ont jamais pu démontrer clairement un lien statistiquement significatif entre le vaccin et la survenue d’une sclérose en plaques. Et en janvier 2015, près 17 années d’instruction, le parquet de Paris requiert un non-lieu dans l’enquête sur le vaccin contre l’hépatite B, faute de lien établi entre la prise du vaccin et le déclenchement de maladies neurologiques.

1998 : Le ROR (rougeole-oreillons-rubéole), accusé de favoriser l’autisme

Une étude publiée en 1998 dans The Lancet. provoque une vive controverse en affirmant que le ROR peut favoriser l’autisme, mais peu de temps après on découvre que les données ont été manipulées. L’absence de lien entre le vaccin ROR et l’autisme a été de nouveau confirmée en avril 2015 par une étude publiée dans le Journal of the American Medical Association.

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2009: Polémique sur le vaccin contre la Grippe A (H1N1)

En 2009, le vaccin contre le virus A (H1N1) est accusé de provoquer des effets secondaires.

En 2010, l’Agence française de Sécurité sanitaire des produits de santé conclue que: « les données de sécurité issues de la notification spontanée et des résultats préliminaires des études pharmaco-épidémiologiques en cours, tant sur le plan national qu’européen, ne montrent pas de signal d’alerte particulier pouvant remettre en cause le profil de tolérance de ces vaccins. »

2013 : Le Gardasil remis en cause

Le Gardasil, vaccin contre le papillomavirus humain (HPV) est au cœur d’une controverse. Des jeunes filles ont développé des maladies auto-immunes comme la sclérose en plaques ou comme le lupus après leur vaccination. Plusieurs plaintes ont été déposées au pénal par des adolescentes qui s’estiment victimes d’effets secondaires graves.

L’Académie nationale de médecine se prononce en 2013 après une étude poussée et conclut: « À ce jour, les études scientifiques de bonne qualité n’ont jamais démontré de relation entre un vaccin et une maladie neurologique démyélinisante ou toute autre maladie auto-immune. » Et en septembre 2015, une étude conjointe de l’Agence nationale de sécurité des médicaments et de l’Assurance maladie, montre à nouveau « qu’il n’y a pas de liens statistiques entre la survenue de sclérose en plaques et la vaccination», assure Dominique Martin, le directeur général de l’Agence nationale de sécurité du médicament sur Europe 1.

2015 : Le débat autour de la présence d’aluminium dans les vaccins relancé

La pétition lancée par le professeur Joyeux dénonce la présence de sels d’aluminium et de formaldéhydes dans l’Infanrix Hexa (une version du vaccin obligatoire DT-Polio) « deux substances dangereuses, voire très dangereuses », accusées de provoquer la myofasciite à macrophages, une inflammation des muscles très rare. Mais ces adjuvants sont présents dans la plupart des vaccins, et le Haut Conseil de la santé publique a estimé en 2013 que « les données scientifiques disponibles à ce jour ne permettent pas de remettre en cause la sécurité des vaccins contenant de l’aluminium ».