Les consultations pour dépister les cancers à prédisposition génétiques explosent

CANCER Plus de 50.000 consultations visant à dépister un terrain génétique ont été effectuées en 2014...

20 Minutes avec AFP

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Une patiente en attente d'un dépistage du cancer du sein, le 3 octobre 2013 à Bordeaux.
Une patiente en attente d'un dépistage du cancer du sein, le 3 octobre 2013 à Bordeaux. — SERGE POUZET/SIPA

Plus de 50.000 consultations destinées à dépister un terrain génétique favorable au cancer ont été effectuées en France en 2014, soit une hausse de 18 % par rapport à l’année précédente, conduisant à un allongement des délais d’attente, selon une synthèse publiée par l’Institut national du cancer (INCa)

« En progression régulière depuis 2003, le nombre global de consultations a atteint son niveau le plus élevé en 2014 avec 56.897 consultations réalisées sur l’ensemble du territoire », relève l’INCa qui précise que la majorité d’entre elles portent sur des mutations génétiques liées au cancer du sein et de l’ovaire ainsi qu’à des cancers digestifs.

Selon l’INCa, environ 5 % des cancers diagnostiqués seraient liés à des altérations génétiques.

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Un peu plus de 80 gènes prédisposant à avoir des cancers ont été identifiés à ce jour. Certains d’entre eux prédisposent plus fortement que d’autres à développer des cancers.

Les cancers du sein ou de l’ovaire inquiètent davantage

Les mutations les plus connues sont les mutations BRCA1 et BRCA2 qui augmentent très sensiblement le risque de cancers du sein ou de l’ovaire.

Elles doivent leur notoriété à la double mastectomie préventive pratiquée en 2013 par l’actrice Angelina Jolie, porteuse de la mutation BRCA1. L’actrice américaine a par ailleurs été opérée des ovaires l’an dernier, également à titre préventif.

Selon les chiffres fournis par l’INCa, les deux mutations BRCA ont été retrouvées chez plus de 20.000 personnes en France entre 2003 et 2014, soit près de la moitié des 49.000 personnes identifiées comme étant porteuses d’une mutation prédisposant au cancer.

Parmi elles, près de 10.000 avaient pour leur part des mutations les prédisposant à des cancers du colon et du rectum.

Augmentation des délais pour les rendez-vous

Seules les personnes présentant un risque familial d’avoir certains types de cancers ou déjà atteintes de ces cancers peuvent solliciter le dispositif national d’oncogénétique qui compte quelque 130 sites de consultations, répartis sur 90 villes.

Mais avec l’explosion des consultations, le délai médian d’obtention d’un premier rendez-vous s’est établi à 13 semaines en 2014 (quatre semaines de plus qu’en 2012) tandis que les délais de réponse des 25 laboratoires habilités à faire les tests s’élèvent aux alentours de 31 à 33 semaines.

Rien qu’en 2014, 2.863 malades et 3.661 « apparentés » ont été identifiés au total comme porteurs d’une mutation, selon l’INCa.