Maternité: Les grossesses ultra tardives se multiplient

PROCREATION En France, le chiffre des maternités après 50 ans a triplé en moins de 15 ans...

20 Minutes avec agences

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Photo d'illustration pour la grossesse
Photo d'illustration pour la grossesse — CLOSON/ISOPIX/SIPA

98 naissances de mères de 50 ans et plus. C’est le chiffre enregistré en France sur l’année 2014, où, comme dans d’autres pays d’Europe, les grossesses tardives sont de plus en plus fréquentes. Un phénomène rendu possible par les différentes techniques de procréation médicalement assistée (PMA), autorisées jusqu’à 50 ans en Espagne, Belgique ou Grèce.

800.000 bébés issus de grossesses tardives

Si le chiffre français semble marginal, comparé aux 800.000 bébés issus de grossesses tardives nés en 2014, reste qu’il a plus que triplé dans l’Hexagone en moins de 15 ans, selon des statistiques officielles.

Ainsi, avant 1993 et l’arrivée du don d’ovocyte, les grossesses tardives ne concernaient pas plus de 50 femmes par an, rappelle à l’AFP Joëlle Belaïsch-Allart, gynécologue à l’hôpital des quatre villes, à Sèvres (Hauts-de-Seine), et spécialiste du sujet.

« Une grossesse après 50 ans est une folie »

« Qu’il y ait un désir d’enfant de plus en plus tardif est une réalité. Que la contraception et les études plus longues repoussent l’âge de la grossesse aussi. Que les hommes mettent du temps à s’engager, c’est vrai aussi, mais une grossesse après 50 ans est une folie », estime la spécialiste, qui déplore par ailleurs que les risques de ces grossesses « créées à l’étranger soient assumés dans les maternités françaises ».

Des risques bien réels pour les futures mères (hypertension, diabète, hémorragie de la délivrance, voire décès), comme pour l’enfant (prématurité et mort in utero). La plupart du temps, le risque d’anomalie chromosomique est en revanche écarté, l’ovocyte provenant d’une femme jeune.

Véritable désir ou besoin narcissique ?

« Ces femmes ne sont pas conscientes qu’on ne s’achète pas un petit chat ou un petit chien. Il y a une limite à tout », fustige la gynécologue, déplorant même l’ignorance de « l’essentiel de ses patientes » sur ces dangers.

Et si plusieurs études mettent en évidence les risques pour les enfants nés de pères de plus de 60 ans (schizophrénie, autisme), aucune donnée n’est pour l’instant disponible sur l’évolution sociale et psychologique de ces enfants nés de mères âgées, souligne la spécialiste.

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« Toute la question est de savoir si une maternité à 50 ans répond à un véritable désir, alors que ces femmes n’ont pas pu avoir d’enfant avant ou s’il répond à un besoin (narcissique) », analyse de son côté Michaël Stora, psychologue spécialiste des adolescents.