Epidémie: Gastro, qui es-tu vraiment?

PORTRAIT Encore une fois, elle est susceptible de plomber votre début d’année…

R.S.

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L'épidémie de gastro-antérite progresse en France. (Illustration)
L'épidémie de gastro-antérite progresse en France. (Illustration) — GILE MICHEL/SIPA

Opportuniste, elle prend généralement le sillage du traîneau du père Noël pour frapper un peu partout. En guise de cadeaux, la gastro-entérite distribue en début d’année quelques maux de ventres, des vomissements, voire une diarrhée carabinée. Une fois de plus, le pic de consultations devrait être enregistré dès les premières semaines de l’année. Voici quelques éléments pour cerner au mieux le virus qui peut potentiellement vous cantonner au trajet lit-cabinets. Portrait de la gastro cuvée 2016.

L’épidémie 2016 sera-t-elle très virulente ?

La virologie étant une science inexacte, dépendante des mutations aléatoires de chaque virus, les prédictions sont toujours délicates. Selon les données communiquées par l’Institut de veille sanitaire (InVS), le seuil épidémique (206 cas pour 100.000 habitants) n’a pas encore été atteint. Pour la dernière semaine de l’année 2015, l’Institut indique simplement que « l’activité des services d’urgence hospitaliers pour gastro-entérite aiguë (GEA) est en augmentation. » Mais l’activité observée est comparable à celle de 2013 et légèrement inférieure à celle de 2014. La gastro touche actuellement 124 personnes sur 100.000. Selon le modèle de prévision reposant sur les données historiques, le niveau d’activité des diarrhées aiguës devrait rester stable et au-dessous du seuil épidémique au cours des prochaines semaines, poursuit l’InVS. Un second modèle de détection des épidémies repose sur les ventes de médicaments. Fin décembre, deux des quatre classes médicamenteuses surveillées avaient atteint leur seuil d’alerte, confirmant l’augmentation de l’activité.

Existe-t-il plusieurs souches du virus ?

En soi, la gastro-entérite désigne juste une infection intestinale. « Mais plusieurs virus sont responsables de la gastro qui est une infection virale », détaille Harry Sokol, docteur au service de gastro-entérologie et nutrition à l’hôpital Saint-Antoine à Paris. Le principal virus identifié, le Norovirus, concerne 67 % des cas. « Plusieurs souches existent, poursuit le médecin. En fait on ne traite pas l’infection mais juste les symptômes. » Aucune molécule spécifiquement active n’existe contre ces virus. D’où la prise d’antalgiques, antidiarrhéiques ou anti vomitifs. La priorité étant la réhydratation intensive du patient.

Quel est le profil type des personnes touchées ?

La gastro frappe partout et indifféremment. Jeunes, vieux, hommes ou femmes, tout le monde est concerné. Selon les statistiques de l’InVS, l’âge médian des cas était de 27 ans (de 2 mois à 100 ans) sur la dernière semaine de 2015. 23 ans, la semaine précédente. Les hommes représentaient 48 % des cas. « La problématique, c’est surtout la sévérité, observe Harry Sokol. Un jeune adulte en bonne santé aura des maux de ventre, des diarrhées. Le risque est pour les personnes plus fragiles qui ont des maladies digestives, un déficit immunitaire, des problèmes cardiaques ou rénaux. » Les personnes âgées sont évidemment concernées. Mais la mort reste exceptionnelle puisqu’une hydratation en perfusion permet généralement de maintenir le malade en vie.

Quelles sont les régions les plus touchées ?

Si vous résidez en Ile-de-France ou dans le sud-est, l’opération « cuvette express » vous guette. Du moins un peu plus qu’ailleurs, d’après les chiffres communiqués lors des deux dernières semaines de décembre. Les taux d’incidences les plus élevés ont été notés en Paca (209 cas pour 100.000 habitants), Languedoc-Roussillon (203) et Rhône-Alpes (188). Selon les données de SOS Médecins, plus d’une consultation sur dix concernait des cas de gastro en Corse, Languedoc-Roussillon, Alsace, Rhône-Alpes et Ile-de-France, sur cette même période.