Paris: Un an ferme requis contre l'herboriste qui prétendait combattre le sida

JUSTICE L’herboriste Jean-Pierre Raveneau expliquait à ses clients pouvoir combattre 80 % des maladies avec ses plantes​…

20 Minutes avec agences

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Un an de prison ferme a été requis à l'encontre de l'herboriste Jean-Pierre Raveneau.
Un an de prison ferme a été requis à l'encontre de l'herboriste Jean-Pierre Raveneau. — SIMON ISABELLE/SIPA

Tisanes, huiles essentielles, teintures mères… Dans cette célèbre herboristerie parisienne près de la place de Clichy, l’une des plus vieilles d’Europe, les amateurs peuvent se fournir, entre balance en cuivre et pilon, en plantes médicinales en vrac et en mélanges préparés sur place dans un petit laboratoire.

Hypertension, virus H1N1, troubles de la prostate, psoriasis, paludisme, fibromes, herpès génital ou constipation extra-forte, Jean-Pierre Raveneau expliquait à ses clients pouvoir combattre 80 % des maladies avec ses plantes.

Un an ferme et 50.000 euros d’amende requis

L’un de ses produits, le Viralgic, interdit à la vente en France par une décision de justice en 2011, affirmait même « agir directement sur le virus » du sida, « en renforçant les défenses immunitaires pour aider à le combattre ». Un an ferme et 50.000 euros d’amende ont été requis, lundi en correctionnelle, contre cet « herboriste » pour exercice illégal de la pharmacie. Bien que docteur en pharmacie, Jean-Pierre Raveneau, n’était plus inscrit à l’ordre et n’exerçait pas dans une officine.

Déjà condamné pour exercice illégal de la pharmacie

Déjà condamné en septembre 2011 à un an avec sursis et 15.000 euros d’amende pour exercice illégal de la pharmacie avec la vente du Viralgic, il est aujourd’hui considéré par l’accusation en état de récidive légale. « J’ai toujours estimé qu’il était possible avec un diplôme de pharmacien d’exercer dans l’herboristerie », justifie le prévenu à la barre, expliquant avoir passé une bonne partie de sa vie à s’opposer au « monopole pharmaceutique » en obtenant la déclassification de la vitamine C, de minéraux et d’oligo-éléments, assimilés auparavant à des médicaments.

« Je n’ai jamais prétendu guérir telle ou telle pathologie »

« Je ne délivre pas d’ordonnances, rien que des conseils. J’ai vendu des plantes et des mélanges mais pas de médicaments. Mon but a toujours été d’apporter du bien-être. Quand je parle de combattre (une maladie), c’est s’y opposer mais je n’ai jamais prétendu guérir telle ou telle pathologie ».

« Monsieur Raveneau a constitué un circuit parallèle en suivant la mode des médecines alternatives. Les plantes, c’est l’origine du médicament. Elles ont des vertus mais peuvent aussi être du poison. En 2009, on avait dit à Raveneau qu’il exerçait une activité illégale ; il n’en a pas tenu compte », commente, de son côté, l’agence régionale de santé. Le conseil national de l’ordre des pharmaciens s’est, quant à lui, constitué partie civile.

Plusieurs signalements à l’origine de la procédure

A l’origine de cette procédure, le signalement aux autorités sanitaires d’un pharmacien des Pays de Loire auquel un client avait réclamé un hypnotique fort, acheté à l’herboristerie de la place Clichy. Parallèlement, un autre signalement au procureur de la République avait été fait en 2012 après la distribution, à Paris, d’un tract ventant le Viralgic : « Il contient 600 molécules associées et combat efficacement le VIH/SIDA et plusieurs autres maladies », affirmait le prospectus.

Le jugement sera rendu le 17 février

A l’audience, la procureure, Flavie Le Sueur, a également réclamé la fermeture de deux herboristeries visées par la procédure, ainsi que trois mois avec sursis et 5.000 euros d’amende contre leur propriétaire, Nicole Sabardeil, et 100.000 euros d’amende contre sa société, Pharma Concept.

Une peine de six mois avec sursis et 2.000 euros d’amende a par ailleurs été requise contre un revendeur, Mamadouba Camara. Les avocats des prévenus ont plaidé la relaxe de leur client. Le jugement a été mis en délibéré au 17 février.