Parents: Comment gérer l'épidémie de bronchiolite

PEDIATRIE Cette maladie très contagieuse touche chaque année en France près de 30% des bébés…

Anissa Boumediene

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En cas de bronchiolite, la kinésithérapie permet de désencombrer les voies respiratoires du bébé.
En cas de bronchiolite, la kinésithérapie permet de désencombrer les voies respiratoires du bébé. — PFG/SIPA

On ne l’attendait pas de sitôt, mais l’épidémie de bronchiolite est déjà de retour, selon le dernier bulletin épidémiologique de l’Institut national de veille sanitaire (InVS). Chaque année en France, la bronchiolite touche près de 30 % des bébés (environ 460.000 enfants) et inquiète les parents. Prévention, traitement : 20 Minutes vous livre les clés pour gérer au mieux l’épidémie de bronchiolite.

Une maladie très contagieuse

La bronchiolite, « c’est une infection virale des petites bronches, les bronchioles, et c’est à travers elles que se font les échanges avec l’air dans le sang », explique le Dr Françoise Cravenne, pédiatre à Paris. Et le problème, c’est que la bronchiolite est « une maladie très contagieuse, avertit le pédiatre. Or, beaucoup de bébés sont en collectivité. »

Pour s’en prémunir, « l’hygiène des mains est capitale, il faut se les laver systématiquement avant de s’occuper d’un bébé », prescrit la pédiatre. Et pour les bébés les plus fragiles, « notamment les grands prématurés, le vaccin VRS est préconisé ».

Des mesures hygiéno-diététiques

En cas de bronchiolite, les parents doivent se préparer à une huitaine de jours difficiles, mais « des mesures hygiéno-diététiques permettent de soulager le bébé et l’empêcher de perdre trop de forces. Comme le bébé se fatigue vite, même le fait de manger l’épuise. Il vaut mieux fractionner les repas, les nourrir par petites quantités mais plus souvent », conseille le Dr Cravenne. Pour faciliter le sommeil, « un bon lavage du nez et le fait d’humidifier l’atmosphère de la pièce peut aider le bébé à mieux dormir », recommande la pédiatre. « Tout comme le fait de le surélever dans son lit, pour être moins gêné qu’en position allongée ».

« Il est important de vérifier si l’enfant boit suffisamment et s’il ne respire pas trop vite », insiste le Pr Jacques de Blic, chef du service de pneumologie-allergologie pédiatrique à l’hôpital Necker. « La bronchiolite peut entraîner une gêne respiratoire qui nécessite l’hospitalisation de l’enfant ».

Kiné respiratoire ou pas ?

S’il n’existe pas de traitement de la bronchiolite, la kiné respiratoire est régulièrement prescrite. « Mais ce n’est pas systématique, elle n’est pas indiquée dans tous les types de bronchiolites ni à toutes les phases de la maladie », souligne le profresseur de Blic. « Elle doit être pratiquée au cas par cas : si le bébé tousse efficacement, la kiné respiratoire n’est pas nécessaire. Mais lorsque ses bronches sont encombrées et qu’il n’arrive pas à évacuer les sécrétions bronchiques tout seul, elle est prescrite pour désobstruer ses voies respiratoires », indique-t-il.

« Cela permet à l’enfant de mieux respirer, mieux se nourrir et mieux dormir », note Stéphane Ellezam, dont le cabinet situé à Issy-les-Moulineaux est spécialisé dans la kinésithérapie pédiatrique. Une pratique qui impressionne parfois les parents, qui ont peur que leur bébé souffre lors des manipulations. « La première chose que je leur demande, c’est s’ils ont déjà assisté à une séance de kiné respiratoire », précise le kinésithérapeute. « Cela sert à augmenter le flux expiratoire », pour faire remonter les sécrétions des bronches et éviter qu’elles se surinfectent. « Puis on utilise le réflexe de toux du bébé », qui consiste à « appuyer sur sa trachée pour le faire tousser, ce qu’il ne sait pas faire seul », poursuit-il. Pour ne pas trop éprouver le bébé, fatigué par la bronchiolite et la kiné respiratoire, « chaque séance n’excède pas dix à quinze minutes ».