​Les cancers d'origine professionnelle en augmentation

BILAN Dans 45% des cas, il s'agit de cancers de la vessie favorisés par les pesticides, le plastique, les teintures ou les colorants...

20 Minutes avec agences

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Un ancien médecin du travail d'une usine polluée à l'amiante a été mis en examen mardi à Paris pour son inaction présumée face aux risques sanitaires encourus par les salariés, "une première", selon une association de victimes.
Un ancien médecin du travail d'une usine polluée à l'amiante a été mis en examen mardi à Paris pour son inaction présumée face aux risques sanitaires encourus par les salariés, "une première", selon une association de victimes. — Jean-Pierre Muller AFP/Archives

Les cancers d’origine professionnelle autre que ceux liés à l’amiante ont augmenté de 10 % l’an dernier et, dans 45 % des cas, il s’agit de cancers de la vessie, selon le bilan annuel de l’Assurance Maladie.

Ce bilan 2014 fait état d’une grande majorité de cancers d’origine professionnelle dus à l’amiante (81 %), qui représentent 7 % des maladies professionnelles et sont cependant en diminution de 3,7 %. En revanche, « les autres types de cancers augmentent de 10,33 %. Il s’agit, dans 45 % des cas, de cancers de la vessie et, dans 25 % des cas, de cancers liés aux poussières de bois », comme des cancers de la face, identifiés comme des « risques émergents ».

Une action d’identification des malades menée de 2008 à 2014 

Dans les cancers de la vessie sont notamment incriminés « les amines aromatiques et hydrocarbures aromatiques polycycliques qu’on retrouve dans les teintures et colorants, mais aussi dans les synthèses de médicaments ou de pesticides et dans l’industrie plastique et du caoutchouc », précise Marine Jeantet, directrice des risques professionnels à l’Assurance Maladie.

 

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Pour ces cancers, une action d’identification des malades a été menée de 2008 à 2014 dans six régions (Normandie, Nord-Picardie, Bourgogne-Franche-Comté, Ile-de-France, Nord-Est, Sud-Est), « où les demandes de reconnaissance ont été multipliées de 5 à 10 et l’origine professionnelle reconnue à 60 % », selon Marine Jeantet.

« L’identification du lien professionnel est d’autant plus difficile que cette maladie survient longtemps après l’exposition à un agent cancérogène : 10, 20 voire 40 ans après, donc généralement après cessation de l’activité professionnelle », souligne le rapport annuel.

Les troubles musculo-squelettiques représentent 87 % des maladies professionnelles

Alors que les troubles musculo-squelettiques représentent encore 87 % des maladies professionnelles, le nombre de maladies psychiques liées au travail augmente (315 cas reconnus contre 223 en 2013), mais « principalement en raison de l’évolution de la réglementation », qui permet depuis fin 2012, de déposer plus facilement sa demande, selon Marine Jeantet.

Interrogée sur le « burn-out » ou syndrome d’épuisement professionnel, la directrice des risques professionnels à l’Assurance Maladie souligne qu’il s’agissait d’un syndrome « multifactoriel » qui n’entre dans aucun tableau de classification de maladies professionnelles, comme les maladies psychiques en général, « toujours examinées au cas par cas ».

A noter que les prestations versées par l’Assurance Maladie au titre des accidents du travail et maladies professionnelles en 2014 se sont élevées à 8,5 milliards d’euros, dont 2,2 milliards pour les maladies professionnelles.